Il faut rejeter la licence globale !

J’apprends ce matin que le collectif Création, Public et Internet lance un appel aux candidats à la campagne présidentielle à légaliser le partage de fichiers à but non lucratif sur le réseau des réseaux. Super, génial, w00t !

Je passe sur la naïveté inhérente à notre système sociétal qui laisse espérer le peuple tous les 5 ans pour mieux l’endormir entre les deux. Qui vit d’espoir meurt à jeun, comme on dit. Le peuple français ne se nourrit sans doute pas beaucoup.

J’aimerais au contraire développer sur les reproches que je fais aux propositions du collectif. Il se trouve que ce collectif ne souhaite pas simplement la « légalisation » du partage à but non lucratif, il souhaite l’instauration d’une nouvelle taxe afin, je cite, d’« assurer une rémunération équitable des artistes/créateurs ». J’ai longtemps été en faveur d’une telle licence globale autorisant sans contrainte le libre partage de la culture sur internet. C’était probablement le fait de la pression de ces industries culturelles qui avaient réussi à m’inoculer l’idée que c’était la seule alternative viable. J’en suis revenu.

Les licences globales

Au delà de l’idée simpliste que s’en fait le néophyte, la question de la licence globale est un énorme débat au sein même de ses partisans. C’est pourquoi il est plus juste de parler des licences globales tant leurs différences en font des objets législatifs tout à fait différents. Je recommande pour ceux qui ne seraient pas au fait de toutes les idées de la sorte la visite du site créé par le médialab de sciences po ici : medialab.sciences-po.fr. Ce projet, même si il comporte ses erreurs et approximations, passe en revue de manière juste et neutre l’ensemble des dispositifs de licence globale envisagées.

Trois axes de paramétrage

Pour simplifier cette vision qui reste complexe, on peut dire que l’idée de base (noble) est de rétribuer financièrement les artistes en échange de l’autorisation de partager les œuvres culturelles. Les différences entre les différents projets s’articulent sur trois axes :

  • D’où vient l’argent ?
    • Des FAI ? des internautes ? de l’état ? D’une autorité chargée de la collecte ?
    • Taxe facultative ? Obligatoire ? Forfaitaire ? En rapport au volume de téléchargements ?
  • Qui récupère l’argent ?
    • Majors ? Sociétés de gestions de droits ? Les artistes directement ?
  • Qu’autorise la licence globale ?
    • Le libre téléchargement de toutes les œuvres ? d’un catalogue bien précis ? des œuvres que les artistes veulent mettre en ligne ?
    • S’applique-t-elle aux livres ? à la musique ? aux films ? aux jeux vidéos ?

Vous conviendrez que vu comme ça on comprend mieux pourquoi ça bataille même parmi les partisans.

Je ne vais pas passer en revue les différents projets mais me contenter de lister les points obscurs de ces propositions et pourquoi il faut toutes les rejeter.

Qui est un créateur ? Qui est un artiste ?

Ok on a une belle idée devant les yeux, celle de rémunérer les artistes et les créateurs. Sympa, mais il faudra qu’on m’explique ce que ça veut dire. À sciences po on me dit :

La licence globale est un dispositif visant à financer une partie de la production de contenus audiovisuels en rémunérant les artistes, auteurs-compositeurs et producteurs

D’accord, ça a le mérite d’être honnête. Donc amis écrivains, photographes, dessinateurs, sculpteurs peintres ou comédiens, sachez que la licence globale ne vous profitera pas. Lorsqu’on défend l’art et la culture dans une société capitaliste 2.0, on commence par ce qui dégage du flouze, ce qui passe dans les supermarchés.

Et quand bien même.

Et quand bien même on voudrait faire profiter ces artistes du mécanisme de licence globale, comment savoir qui est un artiste et qui ne l’est pas ? Que fera la licence globale pour les arts alternatifs, les poly-artistes inconnus du grand public ? Que fera-t-elle pour l’art contemporain ? Rien. Elle ne fera rien parce qu’elle n’est pas pensée pour. On critique Emma Leprince et la création que souhaite protéger la Hadopi, mais rassurez-vous, ce que vous proposez en face aura le même effet.

Si il y a un espoir qu’apporte Internet, c’est dans l’accroissement de la diversité culturelle, c’est que quand vous direz à vos amis « C’est super bon, tu connais ce son ? », la logique voudra qu’ils répondent non. Que la création musicale ne soit plus concentrée en un certain nombre de mains crochues (Prince) mais qu’elle devienne ce qu’elle a toujours mérité d’être, un écosystème riche où la perle rare ne sera plus l’exception mais la norme.

Les majors doivent crever

J’en parlais en août dernier et mon avis sur la question n’a pas changé : l’art et la culture n’ont plus rien à foutre à forniquer avec les business men. L’abus de raccourcis langagiers est mauvais pour la santé mentale et perturbe les foules. L’« industrie culturelle » en est un. Il n’y a jamais eu d’industrie pour l’art et il n’y en aura jamais. L’art existe lorsque la motivation de son auteur est désintéressée. L’artiste parle à un public, un spectateur, mais il n’a rien à dire à vendeur de galettes en plastique. C’est ce que certains « artistes » skyblog n’ont pas compris (Jérémy Leon) :

Ces vendeurs sont obsolètes et les monstres hybrides et enflés qu’ils ont créé doivent crever. C’est une nécessité pour que la culture soit vraiment sauvée. Les majors ont réussi à faire croire à la société que c’était eux qui faisaient l’art et ont aspiré toutes les attentions au détriment des véritables artistes, ceux qui ne passent pas dans les enceintes grésillantes du Leclerc de Marbœil-en-Bavette.

Avant je téléchargeais par nécessité, aujourd’hui je télécharge par conviction. Je dépense par ailleurs au minimum 50€ par mois dans des activités culturelles mais c’est un détail.

De l’inégalité que créerait une telle licence

L’autre raison qui fait qu’il est dangereux de soutenir l’établissement d’une licence globale est qu’elle serait profondément inégalitaire.

On a bien vu le problème qui existe à déterminer qui est un créateur et aura droit à une rétribution, et qui ne sera pas considéré assez bien et devra se débrouiller autrement. C’est un problème insolvable, le moindre artisan potier peut être un créateur. Il existera donc une inégalité intrinsèque à un tel système qui séparera les créateurs des autres citoyens. Ce n’est pas tolérable.

Mais comment ça ? tu ne veux pas que les artistes puissent vivre de leur art !!??

Il y a un autre problème. Les modèles de licence globale envisagés se basent tous sur la vente, ou l’écoute des objets de la création pour rétribuer les créateurs. C’est inutile et anti productif. Au contraire, je préfèrerais que les artistes ne vivent pas DE leur création (enfin ils se démerdent là-dessus) mais qu’ils vivent POUR créer. Qu’ils aient les moyens de faire l’art qu’ils souhaitent, que cet art soit destiné au grand public ou non.

Pour satisfaire à ces hypothèses, ainsi qu’à celle de l’égalité des citoyens face à cette mesure, je ne vois qu’une seule solution : un revenu de base. J’en parlais il y a un bout de temps. C’est la seule possibilité à mes yeux qui respecte parfaitement l’égalité entre les citoyens.

Que les citoyens français soient libres de faire de la musique avec ce revenu, libres de monter une entreprise, une association humanitaire ou d’inventer un art nouveau qui ne les feraient pas entrer dans les cases que souhaitent établir les projets de licence globale.

Il faut rejeter ces fausses solutions. Elles n’apportent d’intérêt nulle part et répondent à un problème inexistant, celui de sauver les industries culturelles. On n’a pas sauvé les maréchaux-ferrants, ni les moines copistes, ni les selliers, ni les vendeurs de machines à écrire ou les producteurs de papier photo argentique.

S’il vous plaît, ne sauvez pas les industries culturelles. Laissez-les crever.

94 thoughts on “Il faut rejeter la licence globale !

  1. J’aime bien ton post, et je suis d’accord avec les arguments…
    … Maintenant, concrètement, comment faisons-nous :
    1- pour tuer les majors, et tous les ayant-droits divers et variés qui viennent polluer un écosystème non mercantile au départ (paceke bon même les indépendants cherchent un revenu… légitime, que l’on soit bien d’accord) ? On achète plus rien chez eux ? Moi c déjà fait, mais quid de la masse qui ne consomme que de « l’art en tube », pré-maché, pré-digéré, prêt à gerber ?
    2 – pour convaincre l’ensemble de notre société de ce revenu de base, dont je suis également un partisan ? Si on le met sous l’étiquette « décroissance », on nous traine de sinistres (c’est tjrs mieux que de garder la tête dans le sable, je sais ;-) ), si on le met sous l’étiquette « plus de prestations sociales ensuite », on se fait traiter de fasciste ou de monstre, etc etc.
    Bref, l’utopie est belle, le chemin est encore long ! A moins que j’ai loupé un post sur ton blog ;-)

  2. salut,

    C’est un article intéressant mais je trouve que la solution que tu propose n’est pas exempt de problèmes : tu souhaite attribuer un revenu de base aux artistes. Mais qui le payerais ? L’état ? Et le même problème que celui de la licence globale revient : qui est artiste ? a partir de quand un artiste peut-il toucher ce revenu et pendant combien de temps sans nouvelles créations y-a-t il droit ?
    Cela me fait penser à une réponse que JJ Annaud m’avait fait concernant les nouveaux modèles économiques : un financement d’état serait le risque de voir un financement refusé aux artistes contestataires (comme au temps de l’URSS). Cela ne serait pas le cas dans un monde parfait mais nous en sommes loin !

    J’en revient à(ux) la licence(s) globale(s) : concernant la redistribution, les recettes pourraient être redistribué de manière équitable au prorata des téléchargements (on arrive à estimer assez facilement quels sont les artistes les plus téléchargés en regardant simplement le nombre de seed pour un torrent par ex) ? Je t’accorde que ce système n’est pas parfait mais ton modèle rejoint celui que B Baillard a critiqué concernant les FAI : une centralisation du pouvoir rend la censure plus aisé.

    Voila, quelques remarques en vrac. J’attend ta réponse !!!

    • @Galuel : merci :)

      @Seb : Je n’ai pas la recette miracle pour tuer les majors. Ce que je fais à mon échelle c’est que je ne leur achète jamais rien, et dès que j’ai l’occasion de soutenir un artiste indépendant je tente avec mes moyens de le soutenir. D’autre part je fais du prosélytisme anti-majors IRL et sur ce blog, je pense que l’information est notre meilleure arme ;)

      @red0queen : Je me suis peut-être mal exprimé. Je ne parle pas d’un revenu de base pour les artistes, ça s’appelle la licence globale et j’aime pas ça. Je parle d’un revenu de base inconditionnel pour tous les citoyens (Revenu de base). Tu fais bien de le remarquer, j’ajoute de suite le lien dans l’article.
      Pour l’aspect licence globale c’est pareil, on arrivera jamais à un système satisfaisant. Ok tu comptabilises les torrents, mais pas le nombre de vues sur Youtube par exemple ? Ou alors tu dois faire une mesure d’audience sur l’intégralité des moyens et des outils de téléchargement ? Tu vois venir l’usine à gaz ? Je ne parle même pas des types qui auront tôt fait de faire des torrent avec leur musique et à placer des botnets seedant ces torrents dans le but de gagner de l’argent rapidement et facilement.

      La question qui se pose est la suivante : veux-t-on protéger les majors des « méfaits » du téléchargement, ou alors propulser les artistes et les encourager à créer ? Mon choix est fait : le revenu de base permet ça, et même plus. Je ne crois plus à l’art commercial et aux usines de culture.

  3. « L’art existe lorsque la motivation de son auteur est désintéressée. »

    J’aime beaucoup. A priori. Mais en creusant bien, la pratique de l’art n’est-elle pas intéressée (recherche de reconnaissance, besoin de convaincre, d’enseigner, d’adhésion, etc.). J’ai l’impression que si l’art ne devrait être que désintéressé, il ne pourrait être que le déchet d’un processus en aval.

    (J’ai cherché où se situait Marbœil-en-Bavette ^^’)

  4. Nous sommes tous des artistes. C’est juste que beaucoup doivent aller travailler et ne prennent pas le temps de « créer ». Et beaucoup d’autres, parfois les mêmes, ont abandonné l’art, comme Saint-Exupéry l’explique clairement dans le Petit Prince, après avoir été blamé par un inconscient critique.
    J’en viens à la même conclusion que toi: Revenu de base. Ma création ne m’appartient pas, je la donne au monde. Et le monde me donne ce dont j’ai besoin pour créer… j’élargis volontiers la thématique à la technique et ses brevets : modèle révolu.
    Merci pour ce billet Romain.

  5. Mais je l’ai lu ®om, tu oublies que je suis assidûment ton blog et que ton argumentaire m’a forcément au moins inconsciemment convaincu ;)

    @sebdsl : merci :)

  6. Quitte à appeler à détruire les majors et suceurs de fric, j’aimerais appeler à la destruction totale de la société de consommation. Car même un revenu de base, partant d’une bonne idée dans un cerveau déjà un poil communiste, n’a aucune chance concrète dans une société aussi pervertie. C’est une somme qui paierait les loyers ou arrondirait les fins de mois plutôt que de favoriser la création ou tout investissement positif.

  7. @Chassegnouf : en effet, la question est plus complexe que ça. Le désintéressement n’est pas forcément la clé de tout. Hmm…
    Il est certain que l’artiste a un but. Que ce soit la provocation ou autre, l’artiste cherche en tout cas à susciter une émotion chez son public. En effet. Disons que l’on parle de désintéressement financier. Quelle œuvre a été créée par intérêt financier ? No idea.

    @Gordon : ne sous-estime pas la puissance de l’autonomie que tu peux donner aux hommes. Certes, certains l’utiliseraient à mauvais escient, d’autres à bon escient but who cares ?

  8. @Romain et @Gordontesos: il était inévitable qu’une phrase négative comme « les majors doivent crever » appellent à une réactions tout aussi destructrice. Mais peut-être peux-tu aller au-delà de la réaction critique pure @Gordontesos?
    Sérieusement, le revenu de base n’est pas plus communiste que libéral ou capitaliste. Ce n’est pas une idée politique, plutôt une idée humaniste à intégrer dans la politique. Personne ne la veut (encore) parce que personne ne s’y retrouve totalement, mais tout le monde s’y reconnaît un peu. Un « revenu » inconditionnel permettrait entre autres à tous de manger à leur faim!… Peut-être veux-tu jeter un coup d’oeil ici pour un peu plus d’information à ce sujet http://owni.fr/2011/03/17/revenu-minimum-garanti/.

  9. Merci pour cet article.
    Licence globale, légale ou contribution créative, ce sont des fausses « bonnes idées ».
    Il n’est pas nécessaire de faire « crever » les majors, elles s’en occupent toutes seules tous les jours.

    Non, le fonds c’est que l’on doit arrêter de vouloir absolument que « tous » les artistes « vivent » de leur art, c’est impossible.
    Rencontrer un public, c’est comme gagner au loto, c’est une alchimie exceptionnelle qui n’a rien à voir avec du marketing.
    Il ne me semble pas que les artistes créer pour les autres mais bien avant tout pour eux-mêmes.
    Ceux qui peuvent « vivre » de leur art sont deux ou trois élus pour 400 000 prétendants.
    On ne peut pas légiférer (hadopi, licence globale) pour 3 « élus » et surtout leurs intermédiaires commerciaux.

    Par contre ce que l’on peut faire c’est favoriser le mécénat individuel, c’est à dire la capacité de chacun d’aider et de soutenir les artistes qu’il souhaite.
    Internet est un formidable outil de développement du mécénat individuel, c’est même éduquer à cette notion de financement volontaire…

    C’est bien là où je diverge sur votre article, point besoin de « revenu » de base, d’existence ou de création, laissons faire les publics et les artistes, ils savent se trouver, échanger, supporter et donc rémunérer quand on leur en donne les moyens structurels.

  10. Tout à fait d’accord avec toi christophe-e, et j’aime bien l’idée de mécénat plus individualisé… Il serait par contre bon de faire sortir ce mécénat individuel du schéma mercantile qu’il est en train de prendre sur le net (cf akamusic pour ne citer que ce site et pour parler de musique)… Il serait d’ailleurs bon que les artistes se responsabilisent et évitent le plus possible de passer par ces « intermédiaires » qui ne cherchent que leur propre profit !
    @red0queen et @christophe-e, sauf erreur, le revenu de base n’est par contre pas limité aux artistes, mais bien une « dotation inconditionnelle d’autonomie », donnée à tous dès la naissance !(oups ca a d’ailleurs déjà été précisé par Romain plus haut)

  11. Il me semble que ta proposition n’apporte de solutions/améliorations a l’état actuel des choses que pour la rémunération des artistes qui ne passent pas chez leclerc.
    Mais l’acces à la culture reste toujours proportionnel a la taille du porte monnaie. Les majors seront toujours là pour vendre les palettes de CD qui leur rapporteront une bonne marge…

    Je défends l’idée d’un revenu de base depuis longtemps, principalement pour d’autre raisons, mais sans trop de conviction sur sa réalisation dans l’immédiat. On est en train de faire tout notre possible pour réduire le nombre personne touchant le rsa, je pense que les francais sont pas pret a accepter ca …
    Un changement pour une société où tout ne serait plus dirigé uniquement par le profit réglerai plein de probleme ( art, rechercher, études, écologies, …) …

    Les licences globales seront plus facile a faire accepter rapidement (ca ne leur enleve pas les défauts que tu as cité mais ca les rends réalisable).

    Le mécénat individuel est quelque chose qui marche étonnamment bien sur certains projet, mais j’ai peur qu’en généralisant ce système la part d’argent consacré à la culture sera vite réduite pour d’autre centre de dépense où les prix sont fixes.

  12. Le problème que je vois avec le mécénat individuel, c’est qu’il ne profite qu’aux meilleurs et aux plus visibles. Sachant qu’une oeuvre ayant un succès même légitime attirera l’attention et donc une plus grande part du mécénat. Ca se voit déjà avec des trucs aussi simple que Flattr, une grande partie de ce qui est flattrable est et restera dans l’oubli et pas nécessairement parce que ça manque d’intérêt mais par manque de visibilité. Et inversement, il y a du contenu sans intérêt qui se fait flattrer parce qu’il est visible. Je prédis le même biais pour tous les systèmes de mécénat.

    Sauf s’il s’accompagne d’un catalogue exhaustif et d’un système de recommandation équitable et stable, un peu comme ce qui est sensé se dérouler pour les publications scientifiques : tout est publié dans des revues de plus ou moins bonne visibilité qui correspondent à des niches plus ou moins petites, toutes les informations produites sont trouvables dans des bases de données où l’information capitale cotoie l’anecdote. Pour rentrer dans telle ou telle revue, il faut passer par l’avis d’un jury anonyme composé d’experts qui regardent si le travail correspond à la niche de la revue et s’il est pertinent et correspond au standing de la revue. S’il est refusé, il sera proposé à une revue de moins bon standing, etc. Mais il sera publié quand même. Le problème avec ce système c’est qu’il n’y a parfois pas assez de personnes compétentes pour faire office de jury et que des luttes d’influence se mettent en place. L’autre problème est la taille limitée des revues. Mais je pense que ces problèmes ne se poserait pas pour l’organisation et la recommandations de catalogues artistiques ou vidéo-ludique dans le sens où la taille de ces catalogues (virtuels et non pas en papier) est illimitée et qu’on peut toujours constituer des jurys d’amateurs de taille suffisante pour éviter des conflits d’intérêt.

    • En fait ce que tu expliques Chassegnouf c’est la nature même de l’Internet et de l’abondance d’information qui l’accompagne. Il n’a jamais été aussi simple de publier quelque chose qu’aujourd’hui. C’est un avantage extraordinaire. Après personnellement je fais confiance à la masse de lecteurs, auditeurs, spectateurs d’être suffisamment curieux pour justement abandonner les carcans qui les enferment dans leur culture mainstream et s’ouvrir aux contenus trouvables sur Internet. Ce filtre humain s’il en a les moyens (càd s’il est suffisamment imposant) permettra de faire émerger les œuvres qui le méritent.

  13. @sebdsl : complètement d’accord

    @Christophe-e : oui on m’a pas mal parlé du mécénat (global plus que individuel, mais je crois que la différence se situe au niveau du caractère obligatoire de la somme à distribuer)

    @killersky4 : En effet ma proposition n’apporte pas d’amélioration à la situation financière de Dr. Dre et de Lady Gaga, mais est-ce que c’est ce que l’on souhaite ? Je suis pour que leur salaire s’amenuise si ça peut permettre à des artistes dans la galère de faire leur art.
    Par ailleurs, je comprends ce que tu veux dire lorsque tu parles du caractère irréaliste de mes idéaux. J’en suis conscient, en effet une licence globale a plus de chances d’arriver dans notre société, j’en conviens. Mais c’est le propre des idéaux de ne pas faire de concessions. Évidemment que la licence globale sera en tout cas une meilleure solution que ce qui existe aujourd’hui. J’espère simplement mieux que ça :)

  14. Merci pour la précision, j’avais mal compris de quoi il était question.
    Du coup je rejoins un peut gordontesos dans le sens où ce système serait assez utopiste comparé au monde actuel :je connaît des gens, c’est pas des stats mais des vrai gens, qui ne vont pas bosser et regarde la TV tant qu’ils ont droit au chômage (donc niveau créativité…)… Ce que je veut dire c’est que l’environnement (social) est trop « pollué » pour que ce système soit viable(culture poubelle, artistes jetables, grand règne de l’argent…). Après j’ai lu dans un article que ça coûterai moins cher au gouv que les allocations diverses et multiples qu’il verse actuellement donc pourquoi pas :c’est plus juste et plus économique !
    Mais je pense qu’il faut faire ce qu’il est possible de faire et l’adoption d’une licence globale en lieu et place du système de financement actuelle de la création me semble déjà un grand pas. Et cela permettrai peut être une douce évolution des mentalités jusqu’à pouvoir faire passer cette allocation universelle. Au point où nous en sommes, la solution miracle c’est peut être un ensemble de solutions « moins pires ».

  15. La proposition de Villepin ressemble à du revenu de base, sent comme du revenu de base, elle a le même goût, mais ce n’est pas du revenu de base. Le revenu de base est inconditionnel et distribué à tous les citoyens (pas de limite d’âge ou de conditions de situation financière) et il est fixe (non dégressif). Donc la proposition de Villepin c’est juste un RSA plus élevé, pas vraiment révolutionnaire ;)

    @red0queen : ça rejoint ce que je répondait à killersky4 tout à l’heure, effectivement l’allocation universelle est encore une utopie au sens où peu de gens y croient, mais c’est la raison pour laquelle nous qui y croyons ne devons pas désespérer et devons parler le plus possible de cette solution. La CMU c’était de l’utopie aussi, les congés payés ou le droit de grève, le vote des femmes ou encore le mariage gay (ok ça c’est encore une utopie). C’est en croyant aux utopies qu’on leur donne vie !

  16. @Romain : tu as trop foi en la rationalité de chacun, n’oublie pas que l’homme est aussi social (grégaire) et que la curiosité de quelques uns sera largement contre-balancé par le suiviste de la majorité (on a eu des exemples de ce comportement fin 2008 ^^’). Si ce n’est que la consultation d’un catalogue exhaustif d’artistes/créateurs, je pense que ça n’a pas d’influence notable mais à partir du moment où il y a une rétribution derrière, ce comportement grégaire est nuisible. Je pense justement qu’il est nécessaire de brider artificiellement en travaillant sur l’exhaustivité du catalogue et l’équité de la représentativité de chaque partie du catalogue soit par l’absence de recommandation soit par une recommandation « objective » (oxymore ^^ ?) où la recommandation d’un individu n’est pas influencée par les recommandations précédentes.

  17. Dans ce cas tu reviens à la licence globale et à mon reproche principal. Comment atteindre l’exhaustivité dans un système d’abondance ? Comment intégrer les formes artistiques qui n’existent pas encore ? Comment intégrer toute la palette de la création, de la vidéo Youtube des Gregory Brothers aux datavisualisations d’Owni en passant par les détournements de la Quadrature du Net ? C’est pas évident ;)

  18. L’exhaustivité, elle est vite atteinte si c’est le créateur qui inscrit sa création sur le catalogue. Catalogue qui n’est pas l’apanage de la licence globale, du mécénat global ou individuel ou du système actuel. Le créateur inscrit son oeuvre lui-même et son oeuvre est décrite par la société grâce à la magie du nuage de tags, les tags erronés devenant minoritaires mais potentiellement source de description de nouvelles formes d’art. Là aussi il y a Last comme exemple, suffit de voir la fiche d’un artiste indéfinissable pour voir à quel point le fait de le décrire est une création en soit ^^

    Tout ceci me semble très simple c’est sa création qui ne l’est pas et les conséquences. On le voit avec Last qui est quand même un système centralisé-opaque-fermé (^^’) avec les biais que tu relèves effectivement en décrivant les dangers potentiels des licences globales. Ce qui me gène dans Last, c’est qu’il faut s’abonner pour profiter de tout sans être assuré de trouver quelque chose d’écoutable, que le catalogue n’est pas exhaustif parce que les labels le boudent (un ami artiste s’est vu refuser par son label d’y mettre ses titres…), que les fonds récupérés sont redistribués de manière opaque et à divers intermédiaires (Last, Amazon, etc.), qu’on est pourris par les recommandations spammesques si on a trop d’amis, que les artistes doivent payer pour être présents plus souvent sur les webradios aléatoires. Super principe mais super défauts aussi…

  19. « Tout ceci me semble très simple c’est sa création qui ne l’est pas »

    ‘tain ça veut dire dire >_<

    J'entendais par là que ça peut pourrir dès sa création, dès le choix de ses créateurs.

  20. Tout ça pour dire que je pense effectivement que la licence globale peut tomber assez facilement dans un truc merdique mais que les diverses formes de mécénat sont biaisés par nature et source d’inégalité et que je te rejoins tout à fait dans cette histoire de revenu de base laissant la création artistique dans le domaine du temps de loisir et d’expérience personnelle.

  21. Ouiiii @Chassegnouf
    et j’irais même plus loin, la création artistique, c’est une partie du « travail » de chacun pour la société. Elle est autant à respecter qu’elle vienne d’un « artiste » qui éveille chez une autre personne une nouvelle idée révolutionnaire que chez 1 millions de personnes qui utilisent un refrain comme mantra pour la paix dans le monde… (et vice versa!). Chacun a sa place et chacun est important, exactement là où il est et pour ce qu’il fait = travaille = donne

  22. @romain quand je parler du problème de la situation actuelle je ne pensais pas aux revenus des majors (qui se porte bien a mon avis) mais au fait que la diffusion culture est freiné par l’argent (si je veux voir 5 films par jours c’est financièrement impossible)

    Tu as raison d’espérer mieux et de continuer a te battre pour :)

    @Chassegnouf: Je ne sais pas si le mécénat ne diminuerai pas inégalités financière entre les artistes: si tu dois faire un choix tu donneras de l’argent a celui qui en a le plus besoin et pas forcement à ton préféré si celui ci se porte bien.

  23. Pingback: Flattr-ages du mois de Juin 2011 | Le Codex Gnoufique

  24. Personnellement je ne suis pas d’accord, même si ce que tu dis est intéressant.

    Je suis pour une licence globale (unique pour tout le monde, payée par tout ceux ayant un abonnement internet et aussi pour les entreprises, quoi que peut être un peu plus pour elles) mais pas pour payer les artistes, non, parce que c’est vrai on ne peut pas dire qui a droit à la redistribution alors qu’on ne sait pas vraiment ce qui est téléchargé.

    En fait j’imagine plutôt que les revenus de cette licence serait utilisés pour encourager les artistes et les promouvoir (quels qu’ils soient).
    Que la licence globale ne permettent pas un catalogue officiel gratuit, parce que ce serait un non-sens, mais autorise les gens à partager sans être menacés.

    En dehors de ça les plateformes payantes doivent évoluer, se débarrasser des majors, proposer des prix raisonnables, etc. Tout le monde est prêt à payer, quand on aime et qu’on ne se fait pas avoir.

    Là, pour moi, ce serait un système juste.

  25. Mais où irait l’argent ? J’ai du mal à te suivre… Si tu veux « encourager les artistes », ça veut bien dire leur donner de l’argent, non ? Et alors tu te retrouves devant les mêmes biais que je dénonce ici. Qui est un artiste, comment savoir à qui donner de l’argent, etc.

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  30. Il y a un truc qui ne tient pas debout. L’hadopi et l’idée de licence globale sont liés à une chose : le téléchargement.

    Allons y télécharger une sculpture de bronze, je vous envoie le torrent mais faites gaffe c’est lourd !

    • Oui, en quoi cela appuie ou dessert mon argumentaire ? Vous essayez de dire que les sculpteurs n’ont pas à être rémunérés par la licence globale puisqu’on ne peut pas télécharger leurs œuvres ?

      Exactement. Et c’est justement ce que je déplore.

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  32. Je vous remercie de votre post. J’ai toujours considéré que le débat entre défenseurs de la légitimité du partage sur la nécessité ou non et les conditions d’acceptabilité de nouveaux financements (en particuliers obligatoires) était nécessaire et utile.

    Je rappelle ici mes convictions sur la nature d’un modèle susceptible de servir dans la durée la création et l’expression numérique dans une société « de beaucoup vers tous » où un nombre très accru de personnes produisent à destination de tous et y investissent un effort significatif :

    - La personne de référence ne doit pas être l’artiste professionnel établi mais bien ce producteur (au sens de qui produit pas au sens financier) qui est le citoyen de demain.
    - Tous les médias (y compris ceux natifs d’Internet) et toutes les oeuvres numériques (y compris celles déjà partagées volontairement) doivent être éligibles au financement, qui doit porter autant sur le soutien aux productions futures que sur la récompense aux oeuvres partagées.
    - La répartition doit se faire sur la base de données et de préférences volontairement fournies par les citoyens, avec des règles d’équité (débat sur les récompenses sous-proportionnelles par rapport à l’usage) et une collecte et calcul des clés de répartition par un organisme indépendant (des sociétés de gestion actuelles) et rendant des comptes au public comme au parlement.
    - Et bien sûr le partage entre individus sans but de profit entre individus et la fourniture de moyens à ce partage doivent être pleinement légalisées pour toutes les oeuvres distribuées (commercialement ou non) au public sous forme numérique.

    Ces conditions sont (avec divers précisions) celles qui ont été approuvées après des débats vifs et passionnants par le Forum de la Culture Libre:
    http://fcforum.net/sustainable-models-for-creativity/how-to-manual#models
    (point 10)

    Il reste bien sûr un débat sur la nécessité d’un tel financement à base obligatoire. La raison qui me fait en être convaincu porte sur des question d’échelle des besoins de financement de la culture numérique lorsqu’elle devient un fondement de notre société et non plus une activité spécialisée.

    Enfin, pour ceux que ça intéresse, j’ai produit une résumé des points stables et différences entre la contribution créative telle que je l’ai décrit dans Internet & Création et sa conception dans mon livre Sharing à paraître au 4ème trimestre 2011.

    Amicalement,

    Philippe Aigrain

  33. Bonjour Philippe,

    Merci pour votre commentaire qui permet d’éclairer vos motivations à créer un tel modèle de financement de la culture.

    Je ne comprends tout de même pas tous les points que vous abordez. Il reste à mon sens un problème structurel lié à la fois à l’obligation de cotisation et de la centralisation de la société de gestion des droits. Nous n’avons de cesse de défendre la décentralisation et les modèles flexibles et horizontaux et vous proposez un système alternatif pyramidal et centralisé.

    Qui décidera ce qui est une œuvre ou pas ? Les remixes de LQDN sont-ils des œuvres ? Les photos de vacances d’anonymes, c’est de la création ? Qui fixera les limites ? Qui parviendra à établir une limite entre art et artisanat ? entre art et divertissement ?

    Vraiment, la théorie est séduisante mais le pragmatisme n’y est pas. Ajoutez à ça l’inégalité que vous introduisez dans le système, on arrive à un truc que je ne souhaite pas voir apparaître.

  34. Bonjour Romain,

    Je réclame l’indulgence sur le fait de ne pas avoir retracé dans un commentaire les travaux sur les détails (où effectivement beaucoup de diables peuvent se cacher) que je conduis avec beaucoup d’autres depuis des années.

    L’essentiel n’est pas là mais dans la question profonde que vous posez sur la centralisation et la décentralisation. Je pense que nous avons besoin de systèmes à l’échelle d’une société (et qui donc auront forcément des institutions en partie centralisées) et que ceux peuvent néanmoins être décentralisés au sens où tous les éléments fondamentaux sont sous contrôle des individus. Ce n’est évidemment pas trivial, mais je ne vois pas comment nous en passerions. Il faut aussi être modeste pour ces systèmes : ne pas essayer de construire des solutions magiques qui d’un coup règlent la question du financement global de toute l’activité créative et culturelle. En réalité, les systèmes de revenu de base (ou d’existence, de citoyenneté), où l’institution généralisée d’un salariat culturel et artistique me paraissent poser beaucoup de problèmes de centralisation et de capture bureaucratique que les systèmes de mutualisation obligatoire comme ceux que je propose. Mais bien sûr ça se discute.

    Enfin pour répondre à la question sur ce qu’est une oeuvre dans mon sens : tout ce dont les producteurs affirment en être une et qu’un public, petit ou grand, décide en être une. Pour le financement amont, aucun pb : si les usagers décident d’attribuer leur financement aux intermédiaires ou créateurs porteurs d’un projet, ils sont souverains. Qu’est-ce qui nous autoriserait à en décider autrement ? Pour les « récompenses », dont je défend qu’elles sont essentielles compte tenu de l’imprévisibilité de l’intérêt des créations et expressions, la question c’est celle du niveau d’usage / de financement qui justifie d’entrer dans une logique économique monétaire. Je l’ai précisément modélisé, mais le choix devra faire l’objet de débats et d’expérimentations. Le problème se pose aussi pour les systèmes de mutualisation volontaire (cf. Trama Virtual au Brésil par exemple).

    Amicalement,

    Philippe

  35. Si j’essaye de résumer tes arguments contre la licence (les licences) globale(s), je n’en trouve en fait que deux :
    - argument implicite : la définition de la licence globale n’est pas univoque et il est difficile voire impossible de fixer un projet unique viable.
    - argument central : il est forcément injuste de fixer des critères précis à la définition de l’artiste car cela élimine certaines personnes qui se revendiquent comme tels. Dès lors, soit la licence globale est sans objet puisqu’on ne sait à qui elle s’applique, soit elle génère des inégalités entre les artistes reconnus et les autres.

    Aucune des deux critiques ne suffit à démonter les projets de licences globales dans leur ensemble. Pourquoi ne pourrait-on pas envisager que l’on arrive à fixer un projet viable ? Tu n’argumentes nullement ce point, bien que tu évoques la diversité des problématiques soulevées par la question.
    Et qui a dit qu’il fallait définir précisément l’artiste pour donner naissance à une licence globale ?

    On pourrait très bien envisager un système ou la définition de l’artiste ne serait pas fixée, avec un mode de fonctionnement basé sur la revendication des artistes autoproclamés. Le système de rémunération actuel pour les œuvres que l’on peut dématérialiser (chansons, photos, …) est basé sur des achats à l’unité de copies de fichiers, ce qui est esquivé par certains internautes pour des motifs compréhensibles (majors qui raflent l’essentiel des revenus, velléités de contrôle du partage entre citoyens considérées absurdes). Toute personne dont la création se retrouve diffusée sans contrôle possible de sa part (a fortiori sur internet) est donc forcée de trouver autre chose pour être rémunérée. Par conséquent, elle doit pouvoir revendiquer sa paternité sur l’œuvre et réclamer auprès du système de répartition en place les revenus qu’elle mérite. Cela est par exemple possible dans le cadre du mécénat global.

    Alors, la licence globale est-elle vraiment impossible et génératrice d’injustices ? Pas si sûr…

    Pour terminer, le bien-fondé de cette demande des artistes de toucher un revenu pour la diffusion de leurs créations est un autre débat, qui ne devrait pas être mélangé avec celui de la faisabilité de la licence globale.
    Soit on refuse d’emblée l’idée selon laquelle les artistes doivent vivre de leur création. Dans ce cas, il n’y a pas lieu d’argumenter sur la licence globale puisqu’elle s’oppose par principe à ce type de raisonnement.
    Soit on accepte cette idée de rémunération découlant de la création (et de son impact sur le public) et on débat de la faisabilité d’une licence globale.
    Mélanger les deux approches comme tu le fais ici est maladroit et peu valable sur le plan de l’argumentation à l’encontre de la licence globale : tu affirmes d’abord que la licence globale est difficile à définir car on ne sait même pas dire qui est artiste et qui ne l’est pas, puis tu critiques aussi le système actuel et tu en viens à défendre le revenu de base. Bien sûr, tu es sur ton blog, tu présentes les choses comme tu l’entends, mais ton article se donne l’apparence d’une argumentation contre la licence globale alors que l’organisation des idées répond davantage au titre « Pourquoi je pense que la seule manière valable de rémunérer les artistes est le revenu de base ».

    En lisant le titre de ton article « Il faut rejet la licence globale ! », je m’attendais à trouver une série d’arguments précis montrant en quoi il fallait abandonner cette idée souvent évoquée, quelle que soit sa forme. Je reste sur ma faim.

  36. Je comprend pourquoi tu refuses l’idée de licence globale. Cependant je trouve ton analyse un peu trop naïve. Nous ne sommes pas dans le merveilleux pays d’Amélie poulain.

    Sur le long terme on arrivera à favoriser la création artistique. Ton idée de salaire pour les artistes ne sert à rien. Pourquoi ? car ce salaire existe déjà : le RSA. Alors oui, on peut pas forcément créer de magnifique peinture ou autre oeuvre artistique avec un salaire si bas. Mais l’idée de payer les gens à faire de l’art qui ne sert à rien (oui je sais toute forme d’art est utile à l’humanité) c’est un peu de l’incitation à l’assistanat. Car malheureusement si on imagine un système pareil, n’importe qui se déclarera artiste et touchera son revenu d’artiste.

    L’objectif des licences globales est de légaliser l’échange non lucratif d’oeuvre culturelle. L’utilisation de l’argent qui en découle peut avoir plusieurs destination comme le financement de la culture (L’un des roles du CNC ou de la SACEM est de financer les projets culturelle) comme ça il y aura plus de revenu pour financer la création (et non l’industrialisation de la culture).

    Malheureusement dès qu’on parle d’argent, il y a toujours des faibles pour essayer d’en profiter. La SACEM et tout son système opaque (cf : la cours des comptes) provoque une fuite de capitaux qui devrait revenir aux différents ayants droits.

    La mise en place d’une licence globale (qu’importe sa porté et son importance) demanderait la refonte de plusieurs système qui sont très complexe et dont les membres ne sont pas prêt à lâcher le morceaux.

    Car en France, on préfère taxer à foison pour une industrie que de garder la même voie qui nous fait rayonner à travers le monde : le social.

  37. @Crazysky : Romain ne parle en aucun cas de salaire pour les artistes… mais d’un revenu inconditionnel d’autonomie (donné tout le monde dès la naissance).
    Cela n’a rien à voir avec le RSA actuel en plus.
    Cela rend ton argumentation caduque.
    @Mti31, un point de détail sur ton argumentation : je ne vais parler que de ce que je connais : les photos. On n’achète pas une photo. On achète un droit d’utiliser une photo dans un contexte défini, pour une période définie, sur un secteur géographique défini.
    La rémunèration de droits de photo n’est en aucun cas lié au « nombre de téléchargements » du fichier… Contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire les microstocks américains (dont et surtout Fotolia en France).

  38. @Seb F : J’avais mal compris le principe. Avec ton explication et une relecture ; j’ai un peu mieux saisie l’idée. Ce point éclairci ne fait que me renforcer dans l’idée que cet article est un poil utopique.

  39. @Philippe Aigrin : merci pour ces précisions. Pour la centralisation, le revenu de base a aussi comme objectif de simplifier la bureaucratie en uniformisant de nombreux dispositifs d’aide existants, tandis que l’instauration d’une licence globale (ou contribution créative) serait un machin administratif de plus.

    @Mti131 : Parfaitement, si on devait résumer mon article en une phrase il faudrait à mon avis dire « Pourquoi je pense que la seule manière valable de rémunérer les artistes est le revenu de base ». Après le titre n’est pas forcément censé résumer l’article, le titre est aussi ce que le lecteur voit en premier et c’est ce qui lui donne envie ou non de lire l’article.

    Comme je le dis, je ne suis pas « pour que les artistes gagnent de l’argent DE leur création » mais pour qu’on leur donne les moyens de créer. Si certains veulent plus d’argent je n’y vois aucun inconvénient, mais ce n’est pas le rôle de l’état de s’occuper de cet aspect.

    Pour revenir sur ton analyse de mon analyse, je reconnais que je ne combats pas la licence globale de manière conventionnée. C’est parce que je déplace la question vers le revenu de base, je le conçois aussi. Toutes les licences globales se basent sur l’idée que les artistes sont pénalisés par le partage. Je suis opposé à cette idée. La question de la licence globale est par conséquent caduque. Dans le deuxième mouvement de mon argumentation (après avoir réfuté l’idée même d’une licence globale) j’ajoute qu’il est nécessaire que l’artiste ait les moyens de sa création. Pour moi la seule façon égalitaire d’atteindre ce but est le revenu de base. Je n’ai peut-être pas été suffisamment clair, tu as bien résumé mon intention.

    Pour l’horloge je viens de regarder, effectivement j’avais mis un réglage manuel qui devient obsolète avec l’heure d’été. Pour les sauts de ligne, je ne sais pas ce qu’il se passe ça n’a jamais fonctionné avec ce thème malgré tout ce que j’ai pu essayer (je ne suis pas technicien) mais je serais ravi d’accepter ton aide :)
    J’ai trouvé un palliatif en mettant des sauts de lignes manuels en html mais je conçois que ça ne soit pas le top. << Ah ben tiens en fait même le palliatif ne fonctionne plus ^^

    @Crazysky Seb F. t’a répondu. J’aimerais ajouter si tu veux t’intéresser aux applications réelles du revenu de base de fouiller un peu le net et de prendre par exemple les expérimentations menées en Namibie ou alors en Alaska, ainsi que les excellents TED talks de Dan Pink sur la motivation : ce n’est pas la perspective de gagner de l’argent qui nous motive à travailler. Et pour ceux pour qui c’est le cas, un revenu de base permettrait de renégocier les salaires, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Comme toute chose iconoclaste, le revenu de base dérange, questionne, et c’est très bien !

  40. « S’il vous plaît, ne sauvez pas les industries culturelles. Laissez-les crever. »
    –> je suggère d’accélérer le processus …. tuons les !

  41. Pour les sauts de ligne :
    http://wordpress-tuto.fr/pouvoir-enchainer-des-sauts-de-lignes-19

    Sur la fond de l’article, on est donc d’accord, il ne s’agit pas à proprement parler d’une critique des licences globales.
    Mais le débat sur le mode de rémunération des artistes n’est pas inintéressant non plus. Je suis bien d’accord sur le fait que la fameuse maxime « Le piratage nuit à la création artistique » est très discutable au vu des nombreuses études montrant que les « pirates » sont aussi des acheteurs, voire de gros acheteurs. Dans le domaine de la musique, les artistes gagnent beaucoup lors des concerts. Mais tous les artistes ne font pas forcément des concerts, n’en ont pas forcément les moyens, ou n’arrivent pas à se faire connaître suffisamment. Pour les films, on sait que le cinéma continue d’attirer les foules notamment grâce à la 3D. Mais pour d’autres créations, comme les photos, il est difficile de soutenir qu’on peut les laisser circuler librement sans chercher à obtenir une rétribution.
    Alors, quelle solution proposer ? Tu évoques le revenu de base mais sans préciser les modalités d’application : à ce que j’ai compris, il s’agit au départ d’un montant fixe, qui assure un minimum vital, et auquel peuvent se greffer des revenus complémentaires. Mais alors, comment justifier qu’un chanteur célèbre et un jeune artiste touchent la même somme ? Si l’on compte uniquement sur les revenus complémentaires pour les différencier, on évite le problème : dans le cas d’un photographe, sur quelle autre forme de revenu que la vente de photos (pardon, de licences – merci Seb F.) va-t-il devoir compter ? Le revenu de base ne résout pas cela, et pour essayer de sonder la diffusion des photos sur internet, voilà la licence globale qui pointe de nouveau le bout de son nez…

    • Pour les sauts de ligne, je viens de faire le gros bourrin : mise à jour de wordpress et changement de thème. :)

      Et puis maintenant on peut même répondre aux commentaires. Je sais pas pourquoi je me suis fait chier aussi longtemps avec ce thème ^^

      Sur le fond, tu restes cantonné à un constat qu’il faudra que j’arrive à constater aussi : que les œuvres circulant librement empêchent les artistes de gagner de l’argent avec leur art. Je ne suis pas d’accord avec cette vision, regarde Marillion, regarde NIN, regarde Ink, etc. Les gens veulent soutenir les artistes qu’ils aiment et plus l’artiste leur montre du respect et plus ils sont enclins à le soutenir. Regarde le nombre de blogueurs bd qui vendent des aquarelles. Si je décide un jour de mettre une photo de Seb F. dans mon salon, il est certain que je préfèrerais lui demander avant s’il en vend ou sinon comment je fais pour pouvoir le soutenir en posant cette photo chez moi.

      « Mais alors, comment justifier qu’un chanteur célèbre et un jeune artiste touchent la même somme ? »
      Parce que les deux sont des êtres humains. Le revenu de base est inconditionnel et accordé à tous les citoyens. Ça n’a aucune espèce de rapport avec un prétendu (<< là je voulais mettre soi-disant t’as vu) “mérite” et ce n’est pas un salaire. C’est un revenu. Et je vais même te dire un truc qui va te choquer : Liliane Bettencourt elle toucherait aussi le revenu de base. Tout comme le clodo d’en bas de chez toi (sauf que lui ça lui changerait la vie).

      • « Sur le fond, tu restes cantonné à un constat qu’il faudra que j’arrive à constater aussi : que les œuvres circulant librement empêchent les artistes de gagner de l’argent avec leur art. »
        Non, j’ai vu passer suffisamment d’exemples sur Numerama pour comprendre que ce n’est pas aussi simple. Mais ce n’est pas du « tout ou rien » : certes, laisser ses œuvres circuler marche pour certains, car il ne leur est pas utile de rechercher un gain systématique, mais il faut déjà avoir acquis une certaine notoriété pour compter uniquement sur des soutiens spontanés. Et pour avoir de la notoriété, il faut y mettre les moyens.

        Actuellement, les chanteurs qui donnent leur musique sont rares, les photos et films sous licence libre aussi, cela reste des cas d’exceptions et non la norme. Pour que cela en devienne une, il faut trouver quelque chose qui incite à contribuer financièrement à la création artistique, et c’est là que le mécénat global me séduit en cela qu’il tente de convertir, à la manière de Flattr, des « j’aime » en « je participe ».
        Alors, pourquoi pas ?

        Quant au revenu de base, il est difficile d’en parler seulement dans l’optique de la rémunération des artistes, mais je trouve que le « prétendu (oui !!) mérite » existe bien, et que les artistes qui plaisent ne devraient pas toucher autant que ceux qui n’attirent pas autant les foules. Par ailleurs, ce revenu ne suffirait pas forcément à couvrir les dépenses nécessaires à la création, à l’inverse d’une accumulation de petits dons organisée par un cadre légal incitatif.

  42. @Mti131 :je crois (si on parle de la même chose), que le revenu de base est décorrélé de toute activité.
    Si en plus il y a activité, il y a rémunération dédiée (mais pas de la part de l’état qui donne le revenu de base) qui vient du « client » de l’activité.
    Après le montant de la rémunération « complémentaire » subit la loi de l’offre et la demande… Plus le service / produit est demandé (ou rare) plus il peut être vendu cher…
    Par ailleurs, pour cette rémunération d’activité artistique (mais pourquoi qu’artistique ?), j’aurais tendance à favoriser un business model qui limite le plus possible les intermédiaires entre le producteur et le consommateur du produit-service ; c’est en effet pour moi la grande dérive du système actuel : il y a de plus en plus d’intermédiaires qui se prennent la plus grande partie de la marge alors qu’ils amènent une part très faible de valeur ajoutée !
    J’ai d’ailleurs acheté récemment un magnifique tirage d’une photo qui me plaisait : j’ai contacté directement sur son site la photographe qui m’a facturé ses droits d’auteurs, ses frais d’impression et les frais d’envois…

    #my2cents

  43. La licence globale est une invitation tentant de faire évoluer un vieux modèle inadapté à l’ère du numérique, ce modèle qui à la base ne favorise pas une juste répartition.

    Aussi discutable que cela puisse être, certains axes et propositions sont intéressants pourquoi faudrait-il rejeter quelque chose qui n’existe pas ?
    il faut seulement accompagner les bonnes idées et tenter de les faire émerger.

    « Que fera la licence globale pour les arts alternatifs, les poly-artistes inconnus du grand public ? Que fera-t-elle pour l’art contemporain ? Rien. »

    Sans naïveté donc et quelque soit le système en place, de toute manière ceci ne pourra jamais satisfaire tout le monde, malgré tout la licence globale peut être intéressante, si elle demeure Optionnelle et visant un objectif de diversité culturel.

    « Les majors doivent crever »

    Personnellement je ne suis pas de ton avis, c’est le modèle qui doit s’adapter, les majors et les labels ont leurs utilités et doivent continuer d’exister, cependant les discours de certains patrons de maisons de disque devaient lui aussi être modérés, notamment quand P.Négre compare le secteur de la musique indépendante à un désert musical.

    « Les modèles de licence globale envisagés se basent tous sur la vente, ou l’écoute des objets de la création pour rétribuer les créateurs. C’est inutile et anti productif. Au contraire, je préfèrerais que les artistes ne vivent pas DE leur création (enfin ils se démerdent là-dessus) mais qu’ils vivent POUR créer. Qu’ils aient les moyens de faire l’art qu’ils souhaitent, que cet art soit destiné au grand public ou non. »

    Là c’est de la pure idéologie, un peu naïf, sachant dans le monde dans lequel nous vivons..même si je partage le fond de ton intervention ta proposition d’un revenu de base ne tiens pas trop.

    Le créateur étant par essence un inventeur et potentiellement un entrepreneur, de ce fait plutôt que d’avoir un revenu « d’assisté » ( le Rsa est déjà Là ) il serait préférable de développer une politique de soutien à la création dans le cadre d’un projet de culture numérique, soutien qui consisterai notamment aux financements de l’équipement et du développement de l’artiste créateur permettant justement de mieux vivre pour créer, le coût du matériel et de la promotion étant loin d’être négligeable, c’est pourquoi pas une piste à explorer, tout comme il est important de soutenir les aides aux productions et aux créations, en chute libre depuis 2002.

    • La technologie a apporté une subvention non quantifiable d’une valeur considérable à la culture et à la création : la possibilité de ne plus être tributaire d’une distribution centralisée dans la diffusion de sa création.

      Il faut reconnaître cet aspect et au contraire provoquer un report de l’argent qui est économisé vers un soutien à la création. Ce soutien n’est pas censé rembourser une quelconque perte mais bien profiter des économies effectuées pour encourager encore plus la création. C’est pour ça que je trouve inutile le débat sur la licence globale. C’est admettre que la technologie a fait du mal à la création, mal que l’on essaye de compenser par une aide. Le débat est retourné, et à notre défaveur.

      Je ne te rejoins pas dans ton analyse de mon utopisme. Le revenu global satisferait tout le monde puisqu’il est profondément égalitaire. Sa mise en place sera plus difficile à faire accepter j’en conviens. Mais si nous abandonnions le combat à la moindre difficulté, les avancées sociétales que notre pays et notre société ont connu n’auraient jamais vu le jour.

  44. Pingback: Rémunération des artistes : un problème ? Quel problème ? | Romain Rivière

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  46. Je reviens sur le sujet un peu tard :)

    Personnellement, en ayant lu l’interview de Laurent Chemla (http://libreacces.org/spip.php?article106), je me suis demandé qu’est ce qui serait une répartition juste des revenus d’une licence globale.

    Et j’en suis arrivé à la conclusion que vu que tout le monde et n’importe qui peut se revendiquer artiste, il fallait que chacun de ceux-ci, apporte la preuve de leurs créations à un organisme dédié.

    Ensuite serait versé à chacun de ces artistes non pas une quotte-part des différents téléchargements de leurs oeuvres (impossible à évaluer justement), mais en fonction d’un indice évalué en fonction du type de contenus produits par « l’artiste ». On en arrive donc à un salaire de base pour celui-ci.

    Par contre pour ne pas encourager la production à foison de n’importe quoi pour augmenter le revenu, cette base n’augmenterait pas en fonction du nombre de créations. Par contre elle pourrait augmenter si l’auteur apporte également la preuve qu’il diffuse son oeuvre (pas forcément gratuitement) au plus grand nombre et pas seulement sur une seule plateforme. Ces plateformes doivent-être reconnues comme des plateformes dédiées à la création artistique (sinon il suffirait de se faire un petit site bidon et dire qu’on diffuse).

    Une fois tous les indices calculés il ne resterait plus qu’à distribuer proportionnellement à ces indice la somme totale des revenus de la licence globale.

    Il y a sans doute d’autres choses à prendre en compte, mais ça ne me vient pas comme ça.

    Voilà pour moi comment répartir justement (et oui justement, même si ça ne prend pas en compte la qualité du travail, c’est juste, comme le SMIC) les revenus d’une licence globale.

    PS : Et pour ceux qui ne téléchargent pas du tout et qui ne veulent pas payer la taxe, et bien tant pis. Tout le monde cotise pour la sécu et il y en a bien qui n’en profitent pas ? C’est pareil, c’est dans l’intérêt général, donc on paie.

    • Comme tu as dû le comprendre, je suis contre l’idée même d’une licence globale, la difficulté de la redistribution n’est qu’un argument supplémentaire, et quand je vois les montages d’usine à gaz qu’on me propose, ça me conforte dans mon opinion.

      Tu te rends compte de la complexité de ce que tu expliques ? Et les personnes qui mettent en ligne gratuitement des supers recettes de cuisine ou des articles de blog fantastiques ? Sont-ce des œuvres ? Sont-ce des créations ? Assurément. Et encore, je ne parle pas des types de créations qui s’inventeront dans les années à venir. En un mot : licence globale = bullshit.

  47. Pingback: La licence globale : une non-solution à un non-problème Par Christian Engström | Romain Rivière

  48. J’ai conscience que je suis arrivé un peu tard ici.

    Plutôt une réflexion intéressante, cependant, je n’ai pas vu où la licence globale était réellement un problème. Pour développer, on a en ce moment un système qui consiste à payer un artiste pour son travail. Si j’ai bien compris, ce n’est pas la solution que vous préférez. Soit. Cette solution reste la solution choisie par la société à ce jour, inutile de vouloir tout changer à la fois.

    Le seul point noir qui reste concerne la répartition. Je suis persuadé que cette répartition est possible, et probablement même pas si difficile. On peut inclure tout type de média couramment échangé sur les réseaux (c’est à dire, tous les types de média sauf les arts plastiques, qui par définition sont ancrés dans une réalité qui n’est pas transposable au virtuel), à ceci, vous répondez :

    « Ou alors tu dois faire une mesure d’audience sur l’intégralité des moyens et des outils de téléchargement ? Tu vois venir l’usine à gaz ? »

    C’est vrai, les mesures d’audience seraient nécessaires. Je ne vois absolument pas en quoi elles seraient compliquées par contre. Nombre de trackers privés gardent un historique de ce que chacun de leurs utilisateurs ont téléchargés, par exemple, et ils font ça sans réels moyens (les revenus publicitaires et les dons, ici, on parle d’une licence qui génèrerait au bas mot des millions d’euros par mois).
    Par ailleurs, c’est exactement ce que font déjà les société de répartition des droits comme la SACEM : elles répartissent les sommes en fonction du nombre de représentations publiques et de leurs affluences, en se basant s’il le faut sur des mesures d’audimat, pour la télévision ou la radio.

    « Je ne parle même pas des types qui auront tôt fait de faire des torrent avec leur musique et à placer des botnets seedant ces torrents dans le but de gagner de l’argent rapidement et facilement. »

    C’est effectivement un risque. C’est relativement simple à tracer (bouton « reporter ce torrent comme un scam », par exemple, avec investigation par la suite). Encore mieux, la HADOPI peut devenir un organisme chargé d’investiguer sur ce genre d’arnaque. Ils ont un budget qui leur permettrait de le faire sans aucun problème.

    Ne nous voilons pas derrière la prétendue difficulté de répartition, les quelques problèmes qu’elle pose sont soit déjà résolus, soit facile à résoudre.

    « Comme tu as dû le comprendre, je suis contre l’idée même d’une licence globale, la difficulté de la redistribution n’est qu’un argument supplémentaire »

    Mais je n’ai pas vu d’autres arguments, il est possible que j’ai lu trop vite. Mais la solution que vous proposez, comprenant un salaire de base pour chaque citoyen est aussi très complexe à mettre en place. Qui paie ? L’état ? C’est à dire le contribuable ; en leur donnant 100 euros par mois, il faut compter 72 milliards d’euros par an si tous les français sont concernés. Cet argent vient des français eux-même ?

    C’est sans compter d’une part que 100 euros par mois, c’est peu pour vivre en France, et d’autre part qu’il faudra supporter une société ou un nombre non-négligeable de personnes va se dispenser complètement de travailler, soit par conviction que leur hobby est tellement génial, soit par paresse pure et simple.

    Enfin, pour le fun :

    « On n’a pas sauvé les maréchaux-ferrants, ni les moines copistes, ni les selliers, ni les vendeurs de machines à écrire ou les producteurs de papier photo argentique. »

    Des maréchaux-ferrants, il y en a toujours, puisqu’il y a toujours des chevaux. C’est même vachement mieux payé qu’autrefois. Il y en a moins, évidemment, mais ils ne sont pas prêts à partir.
    Le métier de sellier, idem, il y a toujours des gens qui montent à cheval.
    Le papier photo argentique ne se porte pas mal. Évidemment, la demande a baissé, mais c’est toujours produit.
    Les moines copistes et les producteurs de machines à écrire ont effectivement disparu de la scène.
    Ces métiers ont cependant tous évolués pour ceux qui restent, accusant une diminution de leur volume de ventes, ou de leur part de marché.

    De même, il n’est pas question de sauver l’industrie musicale par idéologie. Le moine copiste n’a plus d’utilité dans la société après l’invention de l’imprimerie, insinuez-vous que l’artiste n’a plus d’utilité dans notre société ? On pourrait effectivement se passer du système des majors et de la grosse industrie du disque, voire de réformer tout le système de droits d’auteurs, est-ce une raison pour ne pas chercher de solutions aux problèmes du droit d’auteur qui demanderaient peu d’aménagement, et qui soient crédibles ?

    • Ton système de répartition ne convainc pas (excuse-moi de te tutoyer, je ne suis pas fan de la distance factice imposée par le vouvoiement). Il ne prend pas en compte les œuvres qui ne se téléchargent pas par BT, les œuvres qui ne se téléchargent tout simplement pas (les peintres, sculpteurs ou photographes). Tu me répondras que ces métiers ne sont pas impactés par le téléchargement (sous-entendu ses effets néfastes), or moi je considère qu’aucun artiste ne l’est. Un phénomène de cette sorte ne peut impacter que les commerçants, je ne vois pas comment il pourrait influencer l’art ou les artistes.

      Si les maréchaux-ferrants existent encore, ils n’ont pas eu besoin d’aides de l’État pour persister (à ma connaissance). Les marchands de disques existeront donc peut-être encore plus tard, mais j’ai du mal à accepter qu’ils aient besoin de l’État pour ce faire.

      Le problème de la redistribution est un problème d’un autre ordre que celui que je considère ici. C’est un argument de faisabilité, pas un argument de fond. Mon argument de fond, si je l’ai mal exprimé, est le suivant : l’artiste n’a pas de besoin supplémentaire à n’importe quel être humain, accepter le principe même de la licence globale est accepter de mettre en place une inégalité entre les citoyens qui ne se justifie pas.

      De même, il n’est pas question de sauver l’industrie musicale par idéologie. Le moine copiste n’a plus d’utilité dans la société après l’invention de l’imprimerie, insinuez-vous que l’artiste n’a plus d’utilité dans notre société ?

      Confusion manifeste des sujets. Le moine copiste n’a plus d’utilité dans la société après l’invention de l’imprimerie, je me contente d’insinuer que l’industrie musicale n’en a pas non plus. Les artistes n’ont pas besoin de l’industrie musicale pour exister (voir Oui à l’art, non au business)

      • Merci pour ta réponse (ok, le tutoiement marche, je n’aime juste pas aborder les gens que je ne connais pas directement de cette façon).

        Tout d’abord, je n’ai pas la prétention d’avoir conçu un système de répartition parfait. Tu dis que ça ne peux pas exister, je dis que les problèmes méritent qu’on réfléchisse à une solution, plutôt que de balayer d’une simple phrase tout un pan de l’économie actuelle.

        La réflexion doit effectivement aller plus loin que « comment peut-on garder le même système injuste de l’industrie du divertissement qui récolte plein d’argent sans rien laisser aux artistes ». L’objectif, idéalement, c’est la justice. L’artiste peut exercer son art, et il peut manger.

        Là où nous ne sommes pas entièrement d’accord, c’est sur la séparation commerçants/artistes. Depuis toujours, une grande partie des œuvres d’arts sont faites sur commande, on peut citer à titre d’exemple le plafond de la Sixtine, peint par Michel-Ange, reconnu plus ou moins universellement comme une œuvre d’art importante. Or Michel-Ange n’a fait cette fresque que parce qu’il était grassement payé pour, il se définissait lui-même comme un sculpteur et préférait notoirement la sculpture à la peinture. C’est la même chose pour tout artiste à travers la renaissance et les périodes classiques et modernes, tous dépendent d’un public ou d’un mécène. Dans le meilleurs des cas, ils sont leur propre mécène, profitant de leur statut de rentier pour écrire de la musique, peindre ou que sais-je encore (et je n’arrive pas à trouver d’exemple de ce genre de personnage cela dit, je soupçonne qu’ils aient été fort rare)

        Ainsi, je pense sincèrement que le commerçant influe directement sur l’art et les artistes, et ce depuis toujours.

        D’un autre côté, je suis convaincu qu’il y a quelque chose de gratuit dans l’art, un don de l’artiste au public, parfois un peu symbolique, par exemple, la tradition du rappel à la fin d’un concert. Le public a payé pour écouter un concert, celui-ci est terminé, mais le public rappelle l’artiste (ou les artistes) qui va revenir sur scène pour jouer une autre pièce, alors même que le public n’a pas payé pour ça. De même la pratique d’un art en amateur, que je pratique moi-même à travers la musique. On peut pratiquer un art en parallèle d’une activité professionnelle.

        Les œuvres qui ne se téléchargent pas sont essentiellement les arts plastiques (peintres, sculpteurs, dans une moindre mesure photographes). Les circuits de distribution de ces formes d’arts se sont mises en place et continuent de fonctionner comme avant. Internet n’a pas changé la donne pour ces artistes-là.

        L’apparition d’internet déstabilise un circuit particulier : la distribution du disque, qui finance en majorité les débuts de beaucoup de musiciens actuellement. Le constat est : beaucoup de personnes ont accès à des enregistrements sans les payer, or, un enregistrement coûte cher à produire, si le phénomène se généralise, produira-t-on encore des enregistrements, et si non, est-ce grave ?

        Les réponses à ces questions sont essentiellement des opinions. Personnellement, je trouve que ce serait dommage que la production de disques disparaisse en majorité. Essentiellement parce que ça désavantage les productions originales et/ou amatrices avant de déstabiliser les grosses productions de préformaté.

        Le droit d’auteur a été conçu pour assurer qu’un compositeur ou un auteur populaire (c’est à dire, très prisé par la population), ne se retrouve pas à mourir de faim alors que d’autres s’enrichissent en distribuant ou en éditant son œuvre. C’est louable dans la philosophie, mais assez mal implémenté dans la réalité. Et la licence globale rejoindrait (dans la philosophie au moins) ce principe : un artiste écouté/vu/lu apporte à la société, la société doit lui rendre service en échange. Je ne trouve pas que ça apporte « une inégalité entre les citoyens qui ne se justifie pas. ». Ce que j’apporte à la société, dans mon travail, la société me le rends par l’octroi de mon salaire en la personne de mon employeur. Or une fois l’œuvre produite, son exploitation ne nécessite pas la rémunération de l’auteur, je ne trouve pas inégal ou injuste d’imposer par la loi cette rémunération.

        Tu termines par « Oui à l’art, non au business », je suis d’accord dans le fond. Dans la forme, un artiste n’est pas un pur esprit, et il faut bien qu’il trouve une place dans la société. La question n’est pas tellement s’il y aura toujours des artistes, il y en aura toujours. La question est : « pourront-ils vivre de leur art ? » et « Sinon, est-ce grave ? ». La réponse à ces question est étonnamment difficile à cerner, et personne ne se les pose. À mon sens, il faudrait que notre société se mette réellement à réfléchir à ces questions, et non écouter bêtement les lobbies du disque.

        Quand à l’allocation universelle, j’ai expliqué dans mon précédent commentaire pourquoi je pense qu’elle n’est pas viable. Je ne pense pas que la solution puisse venir d’un tel procédé.

        Bon, je suis désolé pour le mur de texte, j’ai pas mal de difficultés à cerner tout ce pan de la société. Je suis encore dans le processus de compréhension des tenants et aboutissants de ce monde de l’art et de la culture, et en suis encore à me forger une opinion raisonnable. Le problème est immensément complexe, et je ne pense pas qu’on puisse le résoudre, ni par une sur-législation pour à tout prix rester dans un système qui a fait ses preuves par le passé, ni par une action de changement très brutale.

        Pour résumer mon opinion en quelques mots : je pense que la meilleure chose à faire, c’est de prendre le temps. Inutile de légiférer « à l’arrache ». Mieux vaudrait laisser l’industrie du disque s’adapter ou mourir et être remplacée. Je suis cependant ouvert à une forme d’ingérence législative ayant pour but d’améliorer la situation pour tous, et/ou de rendre les transitions douces pour le milieu artistique, l’idée d’une licence globale mérite selon moi d’être étudiée, à défaut d’être adoptée.

        • Je te suis parfaitement dans ta volonté de prendre le temps. C’est fondamental, et que la licence globale ou le revenu de base soient choisis comme concepts n’est qu’un prérequis à une étude avancée du modèle choisi. Sur ce point on est d’accord. Mon idée est simplement : il est préférable de réfléchir maintenant au revenu de base plutôt que de perdre notre temps avec cette licence globale qui répond à des problèmes que je ne reconnais pas.

          • D’expérience, je sais qu’il y a des problèmes.

            Je fais de la musique classique dans un chœur amateur. Par ce biais, j’ai rencontré quelques professionnels de la musique en particulier dans les circuits de production des concerts classiques.

            Ces circuits sont pleins de tout un tas de gens inquiets pour leur avenir, et les rencontrer aide pas mal à voir leur point de vue. On peut bien sûr espérer que les majors se cassent la figure quand on voit leurs dirigeants qui étalent leurs égos et leurs salaires absurdes, mais il ne faut pas oublier que ceux-ci emploient des dizaines de milliers de français, y compris des gens qui aiment leur travail et qui aimeraient bien continuer à vivre correctement. Pourtant, il ne faut pas pratiquer l’immobilisme, qui figerait la société dans une ambiance rétrograde très mauvaise. Mais c’est un devoir de la société civile de favoriser l’insertion des citoyens et la reconversion si besoin. Surtout lorsque les changement sont si brutaux.

            Bien sûr, c’est important d’avoir un idéal, mais à mon sens l’homme politique de valeur n’as pas seulement un idéal, mais aussi un plan concret pour arriver à cet idéal progressivement, et non de tout casser pour reconstruire mieux. Et j’ai l’impression que la licence globale a le potentiel d’être une transition concrète du système actuel à un système conforme à un idéal.

    • Mais la solution que vous proposez, comprenant un salaire de base pour chaque citoyen est aussi très complexe à mettre en place. Qui paie ? L’état ? C’est à dire le contribuable ; en leur donnant 100 euros par mois, il faut compter 72 milliards d’euros par an si tous les français sont concernés. Cet argent vient des français eux-même ?

      Pour répondre à cette question, qu’on peut reformuler ainsi :

      D’où viendrait l’argent ?

      Il faut déjà savoir répondre à :

      D’où vient l’argent ? Comment est-il crée ?

      On en discute ici.

      • Ok, bon. C’est intéressant. Je lis que les banques « créent » de l’argent ex-nihilo, et qu’au lieu de le créer pour leur propre besoin, ils feraient mieux de le donner aux citoyens.

        J’ai des objections.

        1 – L’argent n’est pas créé. Il est obtenu avec des opérations comptables, débloqué à partir de l’argent que possède la banque. Il est vrai que parfois une banque va prêter plus d’argent qu’elle n’en possède, ce qui est possible uniquement à cause de la dématérialisation extrême de l’argent, mais ça c’est directement un problème. Il ne faudrait pas faire ça.

        2 – L’argent ainsi « créé » n’est pas injecté dans le système, il est censé être « détruit » au fur et à mesure de son remboursement. Dans le cadre d’une allocation globale, même après avoir lu le sujet en entier, je ne vois pas la destruction de l’argent « créé ».

        3 – L’argument principal est que la masse monétaire augmente, autant la répartir entre les citoyens au lieu qu’elle soit au profit des organismes privés. Il faut prendre en compte le fait qu’il y a 65 millions de Français, et que leur donner par exemple 1000 euros par mois équivaut à augmenter la masse monétaire de 65 milliards d’euros par mois. Uniquement pour la France. Alors que la masse monétaire augmente moins pour la zone euro entière en ce moment. Si c’est géré comme ça, la super-inflation arrive directement.

        Ces trois points ne sont pas vraiment adressés sur le forum, évidemment, je n’ai pas le temps de suivre tous les liens. Mais je ne vois pas comment on peut faire sans résoudre ces problèmes.

        Les autres arguments sont de l’ordre de la philosophie, mais je reviendrais seulement sur celui de la motivation.

        Oui, je ne suis pas motivé uniquement par l’argent dans mon travail. Il va de soi que c’est un facteur de motivation, mais c’est loin d’être le seul. En même temps, je suis ingénieur, mon travail est intéressant. Je pense honnêtement que certains postes ne seraient plus pourvus si les gens n’avaient plus la motivation financière, peu de gens sont serveurs dans un fast-food par vocation, la plupart le sont pour payer leur vie pendant leurs études par exemple. Tu vas me dire que fermer les fast-foods n’est pas grave, mais on peut trouver beaucoup d’autres exemples.

  49. @Anzufvytar
    Le revenu de base n’est plus vraiment à ranger dans la case « idéal ». De nombreuses personnes, étudiants, économistes, politiques ont déjà planché très sérieusement sur la question dans le context actuel et la phase qui est maintenant ouverte est de faire passer le message aux politiques, et en d’autres mots, puisque c’est étroitement lié: faire passer le message auprès de nos concitoyens.
    La Suisse, qui s’est donné le privilège de faire passer des lois par référendum sans attendre que des groupes politiques se posent la question est en pleine discussion, et il ne s’agit plus de parler de financement (car il est démontré possible de financer le revenu de base). Le débat tourne entre autres autour de la confiance que l’homme a en l’homme (80% des personnes disent vouloir continuer à travailler avec un revenu de base mais pense que seul 20% de leur concitoyen feront de même!!!). http://www.initiative-grundeinkommen.ch/content/home/ (en Allemand).

    L’idée du revenu de base est de proposer une meilleure répartition des richesses pour permettre aux personnes les moins bien loties de ne pas jouer les esclaves pour ceux qui ont de l’argent. Et donc effectivement, certains postes ne pourront plus être pourvus… dans les mêmes conditions minables qu’aujourd’hui. 3 Solutions pour ces travaux: les automatiser (c’est le progrès, on peut tous en profiter) mieux les payer ou … les faire soi-même. (je répète ici des propos de Götz Werner qui a eu bien plus de temps que moi pour réfléchir à la question).

    Je trouve personnellement qu’un débat sur la licence globale est non avenu, puisque le revenu de base pourrait proposer une solution honnête pour les artistes mais pas seulement. Je pense en autres aux agriculteurs qui perdent leurs récoltes et qui doivent avoir peur pour le futur!! Il y a certainement d’autres catégories de personnes directement concernées. C’est un peu comme discuter de parler des améliorations du radio-cassette à l’heure du tout numérique. Non pas que je trouve cela absolument inutile, mais on a d’autres questions à se poser en 2011. :)

    • Tu dis :

      « De nombreuses personnes, étudiants, économistes, politiques ont déjà planché très sérieusement sur la question dans le contexte actuel »

      Est-ce que tu peux me donner une référence ? J’ai cherché mais ne trouve pas. Je ne suis pas hostile a priori à une telle solution. Elle me parait impossible à mettre en place et je ne comprends pas comment elle peut fonctionner, mais je ne demande qu’à être convaincu du contraire. Pour le moment, je n’ai pas vu d’arguments sensés, juste des affirmations que « ça fonctionne », ce qui ne me suffit pas vraiment.

      J’ai bien lu l’article sur Wikipedia dans ses grandes lignes, ainsi que tenté de comprendre certains articles de la bibliographie, mais existe-t-il un document simple qui explique comment tous les problèmes et objections que je décèle sont réglés et qui sont résumable en une seule question : « Qui fabrique ce que tu achètes avec ton argent gratuit ? »

  50. Les pistes que je suis depuis plusieurs mois sont plutôt allemandes. Je viens de découvrir une traduction qui semble très sérieuse de l’université de Ulm et qui te donne peut-être nombre de réponses concrètes à tes interrogations: http://www.freiheitstattvollbeschaeftigung.de/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=3&Itemid=65&lang=fr.

    Pour approfondir, les sites-blogs http://revenudebaseinconditionnel.wordpress.com/ et http://appelpourlerevenudevie.org/ offrent de nombreux documents en francais.

    Le film documentaire de Enno Schmidt et Daniel Häni est aussi une très bonne base pour les questions philosophiques, éthiques et économiques: par exemple sur http://www.archive.org/details/le_revenu_de_base (téléchargeable gratuitement, c’est une version francaise de l’original allemand)

    Quelques noms pour une recherche Google: Jacques Marseille, Milton Friedman, Philippe van Parijs, Götz Werner

    Je pense que tu es le seul à pouvoir te convaincre que cette option pour le futur est viable. Mais je pense surtout que la vraie question est: suis-je prêt à m’engager, à éventuellement abandonner la sécurité que m’offre le système actuel pour une meilleure répartition des richesses entre tous les membres de la société. Les solutions ne s’offrent qu’à ceux qui sont prêts à les reconnaître!

    Tu dis en fin de post « Qui fabrique ce que tu achètes avec ton argent gratuit ? »: Je pense que l’argent est un moyen d’échange et n’a de valeur qu’au moment où il est échangé/dépensé. Je ne m’étend pas plus sur la question moi-même, je te propose plutôt de réfléchir sur les documents suivants: Le film-animation « L’argent-dette » http://www.youtube.com/user/desautelseb?feature=mhee#p/c/F5A4F5B89F0870EB/3/kgA2-bWXSN4 et les blogs de Stéphane Laborde http://www.creationmonetaire.info/ et Stan Jourdan http://www.tetedequenelle.fr/ qui démèlent de facon très intéressante et bien approfondis le système politico-économique actuel.

  51. Les pistes que je suis depuis plusieurs mois sont plutôt allemandes. Je viens de découvrir une traduction qui semble très sérieuse de l’université de Ulm et qui te donne peut-être nombre de réponses concrètes à tes interrogations: http://www.freiheitstattvollbeschaeftigung.de/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=3&Itemid=65&lang=fr.

    Pour approfondir, les sites-blogs http://revenudebaseinconditionnel.wordpress.com/ et http://appelpourlerevenudevie.org/ offrent de nombreux documents en francais.

    Le film documentaire de Enno Schmidt et Daniel Häni est aussi une très bonne base pour les questions philosophiques, éthiques et économiques: par exemple sur http://www.archive.org/details/le_revenu_de_base (téléchargeable gratuitement, c’est une version francaise de l’original allemand)

    Quelques noms pour une recherche Google: Jacques Marseille, Milton Friedman, Philippe van Parijs, Götz Werner

    Je pense que tu es le seul à pouvoir te convaincre que cette option pour le futur est viable. Mais je pense surtout que la vraie question est: suis-je prêt à m’engager, à éventuellement abandonner la sécurité que m’offre le système actuel pour une meilleure répartition des richesses entre tous les membres de la société. Les solutions ne s’offrent qu’à ceux qui sont prêts à les reconnaître!

    Tu dis en fin de post « Qui fabrique ce que tu achètes avec ton argent gratuit ? »: Je pense que l’argent est un moyen d’échange et n’a de valeur qu’au moment où il est échangé/dépensé. argent gratuit est pour moi un non-sens. Je ne m’étend pas plus sur la question moi-même, je te propose plutôt de réfléchir sur les documents suivants: Le film-animation « L’argent-dette » http://www.youtube.com/user/desautelseb?feature=mhee#p/c/F5A4F5B89F0870EB/3/kgA2-bWXSN4 et les blogs de Stéphane Laborde http://www.creationmonetaire.info/ et Stan Jourdan http://www.tetedequenelle.fr/ qui démèle de facon très intéressante et bien approfondi le système politico-économique actuel.

  52. Cher RR.
    Quelques rapides réflexions après lecture.

    « Que fera-t-elle (licence globale) pour l’art contemporain »
    >Va donc telecharger une sculpture et dis moi a quel moment tu ressens l’expérience.

    « L’art et la culture n’ont plus rien à foutre à forniquer avec les business men »
    > C’est mignon ça. Ca te fais mal comment quand un artiste de major (bouh méchant!) te plaît? Pratique tu l’auto flagellation.

    « Les majors ont réussi à faire croire à la société que c’était eux qui faisaient l’art et ont aspiré toutes les attentions au détriment des véritables artistes »
    >Tu méprises donc les fan de Gaga, Katy Perry, Coldplay ou U2? Personnellement ils ne m’empêchent pas de vivre et je trouve déjà louable le fait de dépenser de l’argent pour une oeuvre, sans jugement de valeur sur le public.

    « L’abus de raccourcis langagiers est mauvais pour la santé mentale et perturbe les foules. »
    >Comment qualifie tu TES abus de langage qui font confondre « mauvais » artistes, industrie, et seuls majors du mal?

    « Je préfèrerais que les artistes ne vivent pas DE leur création (enfin ils se démerdent là-dessus) mais qu’ils vivent POUR créer. Qu’ils aient les moyens de faire l’art qu’ils souhaitent, que cet art soit destiné au grand public ou non. »
    >Encore une fois ton monde semble merveilleux.

    ENFIN sur le fond quelques bonne idées et surtout une bonne réflexion.
    Mais POURQUOI ce débat (au sens global hein pas dans ce post en particulier) ne s’élève presque jamais au dessus d’une lutte contre l’industrie (enfin des majors surtout) qui a, malgré ses défauts et son inadaptation actuelle, offert des artistes talentueux et leur a permis (ah oui pardon, l’argent est sale et détruit la création) d’enregistrer leurs oeuvres.

    Merci RR.

    • Salut GIJoe.

      Je suis pas fan du quoting mais je vais y être contraint tant tu poses de nombreuses questions.

      Va donc telecharger une sculpture et dis moi a quel moment tu ressens l’expérience.

      L’art contemporain ne se restreint pas à la sculpture. Mais en effet je pense que peu de gens partagent du Boulez ou du John Cage sur les réseaux P2P. Mais j’aime bien l’humour, donc je m’incline.

      C’est mignon ça. Ca te fais mal comment quand un artiste de major (bouh méchant!) te plaît? Pratique tu l’auto flagellation.

      Ça ne me fait aucun mal, et j’apprécie beaucoup d’artistes populaires, je souhaite juste leur conseiller d’arrêter de forniquer avec des sangsues, ça épuise.

      Tu méprises donc les fan de Gaga, Katy Perry, Coldplay ou U2? Personnellement ils ne m’empêchent pas de vivre et je trouve déjà louable le fait de dépenser de l’argent pour une oeuvre, sans jugement de valeur sur le public.

      Je ne les méprise pas car j’en fais partie. J’ai toutefois du mal à me dire que j’ai affaire à des « artistes » et à des « œuvres » lorsque j’écoute leur musique. Pour moi c’est un divertissement, comme la fête foraine par exemple. Ça n’a pas grand rapport avec de l’art.

      Comment qualifie tu TES abus de langage qui font confondre « mauvais » artistes, industrie, et seuls majors du mal?

      Je ne considère pas qu’il existe de bons ou de mauvais artistes, je crois que tu déformes mes propos, et si j’ai abusé de mon langage je serais ravi que tu m’en fasses part de façon plus précise et explicite :)

      ah oui pardon, l’argent est sale et détruit la création

      Je te crois suffisamment intelligent, vu ton post, donc je ne pense pas que tu aies pu croire que cela pouvait résumer une quelconque partie de ma pensée ; encore moins que tu aies pu imaginer que je tombe dans un troll aussi grossier.

      Je pense qu’aujourd’hui l’industrie si elle veut subsister doit se mettre au service des musiciens car ils se rendront bientôt compte qu’ils ont un ascendant sur elle, et ils pourraient lui envoyer dans la face, ça lui ferait tout drôle.

  53. Merci pour ta réponse.
    Si tu ne me le permet je vais continuer le quoting c’est finalement plutôt pratique.

    « Ça ne me fait aucun mal, et j’apprécie beaucoup d’artistes populaires, je souhaite juste leur conseiller d’arrêter de forniquer avec des sangsues, ça épuise. »
    >Les conseiller. mmm. Merci pour eux mais un intermédiaire de plus tu sais où ça mène…

    « un divertissement, comme la fête foraine par exemple. Ça n’a pas grand rapport avec de l’art. »
    >Alors c’est un autre débat. Peut on /doit on qualifié un groupe/chanteur comme artiste ou non. Dossier brûlant. Je ne m’y aventure pas en respectant les goûts de chacun.

    « Je ne considère pas qu’il existe de bons ou de mauvais artistes, je crois que tu déformes mes propos »
    >Mes excuses je ne voulais pas t’offenser. Mais regarde la quote du dessus et déjà on se perd.

    « Je te crois suffisamment intelligent, vu ton post, donc je ne pense pas que tu aies pu croire que cela pouvait résumer une quelconque partie de ma pensée ; encore moins que tu aies pu imaginer que je tombe dans un troll aussi grossier. »
    >1 point pour toi, c’était un peu de la provocation. Cependant une fois de plus attention (pas à toi hein juste en général sur ce débat) car c’est un peu ce qu’on peut comprendre quand on fait s’affronter sans cesse création et argent. Parfois (souvent?) le premier a besoin du second.

    « Je pense qu’aujourd’hui l’industrie si elle veut subsister doit se mettre au service des musiciens car ils se rendront bientôt compte qu’ils ont un ascendant sur elle, et ils pourraient lui envoyer dans la face, ça lui ferait tout drôle. »
    >Tu vois, on est d’accord. ;)

  54. Pingback: Flattr en juillet | Blog à part: troisième époque

  55. Pingback: Il faut rejeter la licence globale ! | Romain Rivière | Libre et droit d'auteur | Scoop.it

  56. « je préfèrerais que les artistes ne vivent pas DE leur création (enfin ils se démerdent là-dessus) mais qu’ils vivent POUR créer. Qu’ils aient les moyens de faire l’art qu’ils souhaitent, que cet art soit destiné au grand public ou non. »

    D’accord avec votre discours général mais Pas du tout avec cette phrase en particulier.

    La Licence Globale peut parfaitement être juste et équitablement répartie aux créateurs, à TOUS les créateurs authentiques, sans pour autant que ceux-ci deviennent des « fonctionnaires de la création »…
    Il suffit d’instaurer pour tous les créatifs/créateurs qui voudraient mettre leurs oeuvres à disposition du public un numéro unique comme celui de l’ISBN pour les livres. Le repérage statistique dans les flux de ce numéro, tatoué dans chaque oeuvre (qu’elle soit musicale, littéraire, cinématographique ou autre) permettrait de comptabiliser les échanges et de rémunérer les auteurs de manière proportionnée à leur succès.
    Il y aurait évidemment des gens qui gagneraient plus que d’autres parce que bien évidemment les plus talentueux feraient davantage parler d’eux, c’est la loi du succès et de la notoriété, et je dirai l’essence même de la créativité. Mais tous auraient la même chance au départ — ce qui n’existe pas pour l’instant — puisque tous auraient le même mode de diffusion/distribution : INTERNET, p2p et réseaux sociaux, etc.

    Instaurer comme vous le préconisez un « revenu de base » reviendrait à classer tous les « artistes » sur le même plan en termes de talents. Excusez-moi, mais ce n’est pas du tout l’idée que je me fais de la création artistique.
    Avec un tel projet, vous ne rémunéreriez pas les vrais artistes mais tous un tas de pignoufs prétentieux qui, ayant aligné deux mots ou trois notes, prétendraient qu’ils ont fait « une oeuvre »… Ça aboutirait au contraire de ce que vous souhaitez sans doute autant que moi : un renouvellement de la création artistique DE QUALITÉ.

    Quitte à en payer le prix en terme de ringardise, la création artistique ne peut se mesurer qu’à son succès auprès du public ! Il y a déjà suffisamment de prétendus artistes d’avant-garde qui vivent grâce aux subventions. N’allons pas en rajouter !

    La Licence Globale ne peut certainement pas se concevoir comme un mode de répartition uniformisé. C’est là pour le coup que ça signerait la mort de la création ! Et c’est bien là-dessus, sur ce malentendu que les majors ont largement répandu sur les médias, l’idée que la Licence Globale tuerait l’industrie culturelle. Ce qui est faux. Elle tuerait l’industrie seulement, pas la culture. Et c’est ce à quoi tous les artistes indépendants aspirent.
    La collecte d’une telle Licence Globale serait collective, par un organisme comme la SACEM ou autre, mais sa Répartition ne saurait être autrement que proportionnelle aux échanges (donc au succès) des oeuvres. Faute de quoi je lui préférerais encore HADOPI.

    • Encore une fois, le revenu de base n’est pas quelque chose de réservé aux artistes mais bien quelque chose d’ouvert à tous les citoyens. Ainsi il ne mettrait pas les artistes sur un même niveau, mais tous les citoyens.

      Ensuite, rien dans mon article indique que je souhaite interdire tout revenu complémentaire. Bien au contraire, c’est totalement encouragé ! Prenons un exemple simple, avec un artiste A très connu et un artiste a très peu connu. Ils gagnent aujourd’hui respectivement R et r. Cependant r ne suffit pas à a pour vivre (il doit travailler à côté) lorsque R permet à A de vivre très confortablement. L’instauration d’un revenu de base RI à tous les citoyens français donnerait de nouveaux revenus :

      • R + RI pour A, ce qui est toujours très confortable et ne change pas véritablement la donne pour A
      • r + RI pour a ce qui change complètement la vie de a qui peut maintenant vivre exclusivement de sa passion, car il gagne maintenant suffisamment pour vivre

      Dans les deux cas la différence de revenu entre A et a est la même, (R-r), et on voit que RI n’a influencé en rien cette différence. Alors ensuite vous évoquez le fait que cette différence est liée à la différence de talent. Je pense que cela reste discutable, je doute que le niveau de revenu d’un artiste soit lié à son talent, au quel cas si les deux sont liés il est inutile d’utiliser deux termes différents, si l’un est indexé à l’autre.

      J’espère avoir répondu à vos questions.

  57. @Jack Minier (pour compléter la très bonne réponse de Romain sur le point discutable du talent):
    Rémunérer les artistes « au mérite » revient à encourager les artistes à vendre leurs oeuvres. Si un artiste ne maîtrise pas cet art de la vente, il se retournera vers le nouveau major à la mode (…qui aura flairé le bon coup et…) qui se chargera de faire pulluler son oeuvre sur le net, comme les majors d’aujourd’hui arrosent tous nos médias, QUELQUE SOIT LA QUALITE DE SON OEUVRE… ou restera dans son état précaire actuel (et je ne parle pas de ceux qui prostituent leur art pour le faire entrer dans le moule). C’est le même théâtre dans l’industrie: l’entreprise qui assure une bonne communication vendra plus que celle qui investira son produit, quelque soit la qualité du produit et la politique écologique et sociale de l’entreprise! Il n’existe aucune rémunération au mérite, ceci est une chimère. Les plus riches sont ceux qui ont compris le système. Quelque fois, un méritant tombe au bon endroit au bon moment et change de « classe »: c’est celui qu’on montre au public pour faire perdurer le système.

    L’art n’existe pas pour qu’on le juge. Tout jugement d’une oeuvre est une atteinte grave à la liberté d’expression. Un revenu de base permettrait à chacun de s’exprimer bien plus librement que cela n’est possible aujourd’hui. :)

  58. OK Romain. J’avais probablement lu en diagonale et je n’avais pas compris que ce « Revenu de Base » concernait tous les citoyens. (pourquoi seulement les « citoyens » d’ailleurs ? pourquoi pas les étrangers qui peuvent eux aussi être des créatifs…)
    Mais moi je parlais de la « Licence Globale », pas du système d’aide sociale.

    Mais admettons, parce qu’en effet l’idée d’un « Revenu de Base » a été soulevée par un candidat aux Présidentielles, et je la trouve plutôt bonne.
    Ça ferait de tous les « citoyens », artistes ou pas, des « assistés minimaux » si j’ose dire, ce qui leur permettrait peut-être de bouffer et d’éviter la galère. Mais ça n’en fait pas des artistes et créateurs pour autant.
    Le talent n’est pas une question de revenu assuré ou pas, par contre c’est la condition incontournable du succès.

    Et là, je ne suis pas d’accord avec @Sebdsi qui n’emploie d’ailleurs pas les bons mots : Je n’ai en effet jamais parlé de rémunération au « mérite » — qui donc serait qualifié pour juger de ce « mérite » ? — , je parle de répartition proportionnée au « succès », c’est à dire à la demande du Public.
    Car jusqu’à preuve du contraire, sauf manipulations médiatiques que précisément il faut dénoncer, c’est le Public qui fait ou non le succès d’un artiste. Ça a toujours été le cas en dernier ressort, et il faut souhaiter que ça le soit toujours.
    Les Majors peuvent aujourd’hui tricher ponctuellement sur les grands médias qui leur appartiennent en nous vendant leur soupe de casting et de people qui dure le temps d’un été, parfois moins, mais ils ne contrôlent pas le NET (pas encore, j’espère jamais mais il faut rester vigilants).

    C’est donc la grande chance de tous les artistes, connus ou inconnus mais non « cornaqués » par une major, dont le Talent pourrait (enfin) éclater au grand jour pour autant qu’ils en aient…
    S’ils n’en ont pas, ben oui, ils devront se contenter du « Revenu de Base ». (en fait ça existe déjà, on appelle ça RSA, ou indemnité chômage des Intermittents du Spectacle)
    Mais s’ils en ont, alors, il n’auront rien à battre d’un « revenu de base » qui dans ce cas ne jouerait plus que le rôle de filet pour trapézistes voltigeurs… On s’efforce de l’oublier ! Car quand un artiste rencontre le succès, il plane… Il est au-dessus de ça… Il plane et c’est ce qui lui donne encore davantage l’inspiration pour continuer. (à condition qu’il ne « plane » pas par effet pharmaceutique ! ;c)

    Je n’ai donc rien contre l’idée d’un « Revenu de base » qui serait une mesure sociale générale. Mais c’est un tout autre sujet, neutre par rapport à la création artistique.

    La Licence Globale, par contre, est le tribut à payer par la Société pour que les artistes continuent d’exister en tant que tels. En tant que CRÉATEURS, pas en tant que citoyens de seconde zone. Et comme tels, la seule rémunération justifiable de leur travail, celle qui ferait leur fierté d’artiste, ne peut être qu’une Répartition (de cette Licence Globale) proportionnée à leur succès.

    Alors, c’est vrai qu’il y aura toujours des gens (majors ou pas) qui organiseront du buzz autour de certains de leurs poulains. Qu’importe ! Le Public n’est pas si con. Il a déjà démontré que sur la Toile on trouvait des étoiles nouvelles qu’aucune major ne nous avait encore présentées comme des « stars » avant que le Public n’en décide lui-même…

    • @Jack Minier
      désolé pour la mauvaise interprétation. Tu parlais des plus « talentueux », tu réitères dans un commentaire suivant que ceux qui n’ont pas de talent devront se contenter du revenu de base/RSA. Que veux-tu dire par « talent »? J’ai pris en défense les personnes talentueuses qui n’ont pas succès. Que penses-tu à leur sujet? Une proposition de solution?

      3 points en plus en commentaires de tes derniers mots:
      - le terme revenu de base est très très souvent sous-entendu comme inconditionnel. Rien à voir avec le RSA dans ce cas.
      - même si ta vision du Net libre était vraie, il faudrait en plus que les internautes soient « libres » également. Mais de la même manière que les gens s’abrutissent devant la télé et lisent des journaux partisans etc. etc. après un formatage impeccable à l’éducation nationale, ils liront les mêmes sources corrompues s’ils devaient se retrouver devant un écran d’ordinateur.
      - Tu dis

      Le Public n’est pas si con. Il a déjà démontré que sur la Toile on trouvait des étoiles nouvelles qu’aucune major ne nous avait encore présentées comme des « stars » avant que le Public n’en décide lui-même…

      Es-tu vraiment vraiment vraiment sûr que les majors n’ont rien à voir avec ça??

      • « Que veux-tu dire par « talent »? »
        définition de mediadico.com : don, capacité, habileté, bosse [fam], aptitude, avantage, disposition, facilité, faculté, moyen, intelligence, lucidité, pouvoir…

        Hélas, ou peut-être tant mieux, l’égalité des êtres humains est une illusion.
        Il y a des gens qui travaillent énormément pour égaler leurs modèles. Ceux-la ont du « mérite » mais pas de talent initial, bien qu’il puisse parfois leur venir à force de travail.
        D’autres naissent avec une aptitude insensée au mathématiques, avec un goût prononcé de la langue ou de la poésie, d’autres entendent dans leur tête de la musique qu’ils transcrivent, etc… ça ne veut pas dire qu’ils ne « travaillent » pas, mais ils développent des facultés innées que les autres n’ont pas.
        C’est ce que j’appelle le « Talent ». Faire ce pourquoi on est naturellement « doué ».

        Quand le public a accès à leurs oeuvres (d’où l’importance du Net pour construire une notoriété), il reconnait ce genre de personnes tout comme on reconnaît un arbre à ses fruits, selon leur douceur particulière ou leur beauté naturelle, leur originalité, etc. Ça ne se commande pas, c’est une reconnaissance naturelle complètement subjective et irrationnelle. « On aime ou on n’aime pas ». Et le bouche à oreille fait leur « succès » sans aucune intervention promotionnelle de quelconques puissances médiatiques.

        Je ne nierai pas que nous sommes loin d’une telle société actuellement, et que de nos jours le succès se construit trop souvent en termes de marketing et à coup de spots de pub pour nous vendre de la soupe mal cuite… Hélas, ce n’est que trop vrai ! Mais est-ce une raison pour nier que les vrais Talents existent indépendamment de l’élevage culturel industriel ?
        Ce sont ces talents-là que je veux défendre, afin qu’il explosent à la gueule des éleveurs, hors de leurs clôtures médiatiques électrifiées.

        Moi aussi, à mon petit niveau, j’ai défendu quelques talents en donnant leur chance à quelques groupes musicaux lors d’animations d’une asso locale dont je m’occupais. De petits groupes de musique trad au départ, il y a dix ans — ils marchent maintenant du feu de dieu ! –, j’en suis venu aujourd’hui à organiser pour Novembre prochain à Orléans un concert exceptionnel par deux artistes de niveau international qui seront accompagnés par l’orchestre Symphonique du Loiret. Au programme : le « Triple Concerto de Beethoven »… Sacrée marche ! C’est la première fois que je m’attaque à un si gros morceau et je ne suis pas peu fier de moi !
        J’avais déjà organisé un truc de ouf en 2010 avec la venue de la soprano Inva Mula. (si le nom ne te dit rien, souviens-toi de la chanteuse intersidérale du film « le 5e Élément » de Besson), et je réédite en Avril prochain avec Oriana Kurteshi.
        Pourtant, tant dans le monde « trad » que dans le monde lyrique ou de la musique classique, contrairement à la variété on ne subit aucun matraquage de la part des médias. Au contraire, ce sont eux qui nous courent après quand on fait un truc comme ça parce qu’on met un coup de projo sur des talents exceptionnels que seuls connaissent habituellement les initiés, et jamais le grand public.

        Avant Internet, il n’y avait aucun moyen de faire connaître ces évènements là. Si on n’avait pas dans sa manche un illustre présentateur TV ou un programmateur radio c’était Mission impossible ! Mais aujourd’hui ce sont eux qui nous courent après !
        Pourquoi ? Parce que nous avons la maîtrise d’un moyen de communication qu’ils ne peuvent pas contrôler.
        La puissance des réseaux et du Net en général est en effet le contrepoids majeur, pour ne pas dire le seul, à la force de frappe des médias classiques dont les majors ont le monopole. Et c’est ce qui leur déplaît bien sûr, parce que du coup beaucoup de « talents vrais » leur échappent. Il est vrai qu’ils en « récupèrent » parfois, car ils sont attentifs aux réussites et la la popularité de certains, sur YouTube ou autres, qu’ils intègrent alors dans leur cheptel. A partir de là d’ailleurs, on n’en entend plus parler… Une manière comme une autre d’étouffer les jeunes pousses récalcitrantes. (Les trusts de l’énergie font la même chose depuis des lustres avec les inventeurs de solutions écologiques. Ils achètent leurs brevets pour mieux les enterrer…)

        La solution que tu me demandes n’est malheureusement pas accessible aux artistes isolés. Il faut absolument que des regroupements s’opèrent pour constituer un organe représentatif (comme la SACEM mais surveillant les flux du Web à la place des cafetiers, des boîtes de nuit et des bals de province) pour mettre en place une répartition équitable de la Licence Globale à laquelle il faudra bien un jour arriver, parce qu’il n’y a pas d’autre option viable pour rémunérer convenablement les créateurs.
        Il est parfaitement possible de créer un tel organisme. C’est une question de mobilisation des artistes indépendants et de volonté politique. Les artistes (de tous domaines) sont beaucoup plus nombreux que la poignée de grandes majors qui les exploitent, pourtant, au travers de leurs lobbies, ce sont les majors qui ont acquis un poids énorme auprès des politiques, tout simplement parce qu’elles sont organisées. Que les artistes indépendants en fassent autant, et la balance basculera.

  59. @Jack Minier : le public qui fait le succès d’un artiste ? Ah !
    Ce serait vrai dans un univers de Concurrence Pure et Parfaite (si mes souvernirs d’éco sont encore valables), mais il me semble que le secteur est un petit peu faussé à ce niveau là…

    • @Sebf
      Je suis d’accord.
      C’est pourquoi je dis : « Les Majors peuvent aujourd’hui tricher ponctuellement sur les grands médias qui leur appartiennent en nous vendant leur soupe de casting et de people qui dure le temps d’un été, parfois moins, mais ils ne contrôlent pas le NET (pas encore, j’espère jamais mais il faut rester vigilants). »

      Car en effet, le Net est l’instrument génial qui se prête à cette concurrence parfaitement loyale « pure et parfaite ».
      C’est pour ça qu’il ne faut pas laisser les majors prendre la main dessus comme ils l’ont fait déjà sur la Télé ou les « radios-libres » qui ne le sont plus depuis longtemps…

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