La damnation éternelle pour Catherine Nay, c’est le Net…

Et dire qu’hier quand j’ai écrit mon article sur la dictature de la transparence, et sur le fait que les différents commentateurs de cette actualité se fourraient le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate, je n’avais pas entendu l’édito de Catherine Nay du matin sur Wikileaks. Je vous le partage c’est grandiose.

La STASI, la damnation éternelle, Caïn et Internet (?)

Bon alors une quote en texte c’est toujours plus parlant :

Oui mais vous savez, les citoyens qui exigent la transparence n’en ont pas encore perçu les dangers pour eux-mêmes. Vous savez qu’aujourd’hui n’importe qui peut dire n’importe quoi sur autrui, balancer des vérités comme des calomnies et ça se promène sur la toile indéfiniment.

Parce qu’Internet, c’est la STASI en pire, parce que rien n’est jamais effacé, il n’y apas de droit à l’oubli, c’est la damnation éternelle ; en fait c’est l’œil dans la tombe qui regarde Caïn réinventé. Une calomnie sur facebook aujourd’hui peut bousiller la vie d’un adolescent. Que peut-il faire ? […]

Ok, je vous laisse quelques minutes pour vous remettre de votre fou rire. […] Bien entendu, les mises en gras et les liens sont de moi… Elle tombe encore facilement dans le travers de l’extrapolation hâtive. Je sais que Catherine n’a jamais été très au fait des nouvelles technologies, mais là quand même, on parle d’une fuite journalistique publiée par la presse ! Catherine, voyons, tu connais déjà ce genre de choses ! Que ce soit Mediapart et les enregistrements volés, ou les différentes fuites du canard basées sur des documents « obtenus », ou bien la fuite de Wikileaks, c’est strictement la même chose !

Quel rapport avec la vie privée ?

Tu peux me dire quel rapport ça peut avoir, même de très loin, avec Facebook ? Ah oui, dire que Facebook détruit des vies d’adolescent, ça fait peur, c’est sensationnaliste, ça fait de l’audience, et puis c’est environ la seule chose d’Internet à laquelle madame Michu comprend quelque chose, n’est-ce pas ? C’est sûr que ce n’est pas en énonçant des discours simplistes que cette pauvre petite vieille va comprendre quelque chose à l’informatique ! (je parle de madame Michu…)

Quelle est la différence entre Wikileaks et Mediapart ? L’ampleur ?

Mais le pire, c’est que là Madame Michu elle pourrait comprendre ! « Une fuite journalistique de grande ampleur révèle les travers de la diplomatie américaine ». Ça elle peut comprendre, mais non, il faut qu’on titre « Les fuites de documents volés d’un obscur site « Wikileaks » sur l’internet violent la vie privée des diplomates américains. Ça pourrait vous arriver à vous aussi ! » Merci l’objectivité !

Il y a quelques mois Mediapart sortait les enregistrements VOLÉS du majordome de Liliane Bettencourt sur son site web. Qui a demandé à ce que le site soit fermé ? Qui a appelé à l’assassinat d’Edwy Plenel ? Non mais sans blague… La seule différence que je vois c’est l’ampleur du phénomène. L’affaire Bettencourt n’a éclaboussé que le gouvernement et le président français, tandis que Wikileaks sort une fuite d’envergure mondiale. Est-ce une raison de changer de discours ?

Tandis que Catherine Nay erre dans les limbes du web pour sa « damnation éternelle » en attendant sa repentance, elle oublie que l’internet n’est ni plus ni moins qu’un outil au service de gens plus ou moins instruits, plus ou moins malins et que ce qui s’y passe n’est pas fondamentalement différent de ce qui pouvait se passer avant IRL. Le canard enchaîné existe depuis 1915. Peut-être même avant la naissance de Catherine Nay ! Alors qu’elle arrête et qu’ils arrêtent tous de hurler au loup Internet à tout va. On en a marre !

Et comme j’ai pas de malabar…

2 thoughts on “La damnation éternelle pour Catherine Nay, c’est le Net…

  1. « 1915. Peut-être même avant la naissance de Catherine Nay » oh c’est méchant — mais drôle.

    Catherine Nay c’est qui au juste? une journaliste qui a écumé tous les temples de la médiacratie française. Une prêtresse du prêt-à-penser. Qu’attendre d’autre de sa part? Surtout à son âge… ;)

    Une des choses qui me plaisent dans l’affaire WikiLeaks c’est d’observer tous les gardiens du système, effarouchés par ce coup de projecteur indiscret, qui se lèvent offusqués pour vous expliquer pourquoi WikiLeaks c’est mal, pourquoi Assange n’est pas un ange, observer aussi leurs tactiques vicieuses, leurs petits coups de pied de l’âne. C’est à cela qu’on peut mesurer le degré de compromission et les contours de cette médiacratie.

    • Surtout qu’à côté de ça ils nous expliquent pourquoi c’est génial d’installer des mouchards dans nos ordinateurs pour enregistrer nos logs de connexion sur Internet. Mais c’est à cause de la Pé-do-phi-lie ! Ah d’accord, faites, dans ce cas…
      Pour reprendre un tweet de @bayartb : La dictature c’est quand le gouvernement surveille le peuple, la démocratie c’est quand le peuple surveille le gouvernement.

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